L’Unicef publie son rapport intitulé Cachée sous nos yeux, sur la violence envers les enfants, et présente des stratégies pour permettre à la société dans son ensemble d’agir, de prévenir, et de réduire cette violence.

 

Physique, sexuelle, émotionnelle, la violence envers les enfants est omniprésente dans toutes les couches de la société et dans le monde entier. Elle existe dans de nombreux contextes, notamment le foyer, l’école, la communauté et sur Internet. Le dernier rapport de l’Unicef intitulé « Cachée sous nos yeux », pointe également les auteurs de ces violences. Ils peuvent être des membres de leur famille, des partenaires intimes, leurs enseignants, leurs voisins, des inconnus ou même d’autres enfants. Cette violence se traduit par des blessures, des souffrances et de l’humiliation; et elle peut tuer. Rapport coup de poing, cette étude veut changer le regard des violences envers les enfants :

« Ce sont des données* – issues de 190 pays – qui mettent mal à l’aise : aucun gouvernement ou parent ne voudra les voir. Mais si nous n’affrontons pas la réalité que représente chacune de ces statistiques révoltantes, nous n’abandonnerons jamais cette mentalité selon laquelle la violence contre les enfants est normale et tolérable. Elle n’est ni l’un ni l’autre », affirme Anthony Lake, directeur général de l’Unicef.

95 000 enfants de moins de 20 ans ont été victimes d’homicide dans le monde

En 2012 seulement, presque 95 000 enfants et adolescents de moins de 20 ans ont été victimes d’homicide, ce qui en fait l’une des principales causes de décès et de blessures évitables chez les enfants. La grande majorité des victimes (85 000 enfants) vivaient dans des pays à revenu faible et intermédiaire. De 0 à 9 ans, 85 pour cent des décès sont le résultat de maladies transmissibles et non transmissibles, avec une faible différenciation par sexe. Lorsque les enfants entrent dans leur deuxième décennie de vie, par contre, la part des décès dus à des blessures intentionnelles, notamment l’homicide, augmente, en particulier chez les garçons.

Les châtiments physiques toujours très présents

En moyenne, environ 6 enfants sur 10 dans le monde (presque un milliard) âgés de 2 à 14 ans sont soumis à des châtiments physiques (corporels) infligés par les personnes qui s’occupent d’eux de manière régulière. Pour la plupart, les enfants sont exposés à un mélange de châtiment physique et d’agression psychologique. Les formes de châtiment corporel les plus graves – frapper un enfant à la tête, sur les oreilles ou le visage ou battre un enfant avec force et à plusieurs reprises – sont généralement moins fréquentes : en moyenne, environ 17 pour cent des enfants dans 58 pays subissent ces pratiques brutales. Dans 23 pays, les châtiments physiques graves sont fréquents, avec plus d’un enfant sur cinq affecté. Les attitudes face au châtiment corporel des enfantsLa proportion élevée d’enfants exposés à une discipline violente semble contredire les résultats relatifs aux attitudes à son égard : environ 3 adultes sur 10 seulement dans le monde pensent que le châtiment corporel est nécessaire pour élever ou éduquer correctement un enfant. En réalité, dans tous les pays sauf un – le Swaziland – le pourcentage d’adultes interrogés qui pensent que le châtiment physique est nécessaire est systématiquement inférieur au pourcentage d’enfants âgés de 2 à 14 ans qui subissent une discipline violente. .

Les filles, cibles de la violence

Un quart des adolescentes de 15 à 19 ans se disent victimes de violence, de la part des cercles proches (famille, amis, enseignants) ou des partenaires pour les filles mariées ou ayant été mariées. Plus de 70 % des jeunes filles ont désigné leur mari ou partenaire comme auteur de sévices à leur encontre, en Inde, au Mozambique, au Népal, au Pakistan, en Zambie ; et une adolescente mariée sur trois dans le monde a subi des violences psychologiques ou physiques.

Environ 120 millions de filles dans le monde (plus d’une sur 10) ont subi des rapports ou actes sexuels forcés dans leur vie. Le taux de prévalence dépasse 10 % dans les pays d’Afrique Subsaharienne, contre moins de 1 % en Europe. Une fois encore, les principaux auteurs sont les partenaires passés ou présents de ces femmes.

Les pays riches aussi

Les pays à haut revenu sont aussi concernés : en Suisse, en 2009, 22 % des adolescentes et 8 % des adolescents ont été victimes au moins une fois de violences sexuelles. La cybercriminalisation est la forme la plus commune de violence.

Ces sévices restent tabous : près de la moitié des jeunes filles n’en ont jamais parlé à personnes. Et 7 sur 10 déclarent n’avoir jamais cherché d’aide pour y mettre fin. Près de la moitié des 15-19 ans dans le monde pense qu’il est parfois justifié qu’un mari batte sa partenaire.

Avec ce rapport choc, l’Unicef veut frapper fort pour éradiquer les violences faites aux enfants.