C’est à Angers que Jean-Marc Ayrault a souhaité présenter le projet de loi d’orientation et de programmation pour l’adaptation de la société au vieillissement qui sera transmis dans les prochains jours au conseil économique, social et environnemental (CESE). Il avait choisi pour lieu de son discours le  Centich, le centre d’expertise national des technologies de l’information et de la communication pour l’autonomie, porté par la Mutualité française et en présence de son Président Etienne Caniard. 

Dès 2015… La prévention

Pour le 1er Ministre, qui cite le rapport Luc Broussy sur le vieillissement «l’adaptation de la société au vieillissement, c’est permettre à chacun de vivre sa vieillesse dans un logement adapté, entouré des technologies lui permettant de faciliter sa vie au quotidien, dans un quartier où il continue à entretenir des liens sociaux forts, dans une ville accessible ». Le projet de loi se veut un projet global, de société. La première partie du plan qui concerne le maintien à domicile, la prévention et l’adaptation des logements doit être mise en oeuvre dès 2015. La deuxième partie concernant les établissements interviendra dans la deuxième partie du quinquennat

«Nous ne nous sommes pas restreints à un débat sur la perte d’autonomie, nous y avons intégré l’ensemble des enjeux liés à l’avancée en âge : l’adaptation nécessaire de l’habitat, de l’urbanisme, des transports, la place des âgés dans la vie associative, les questions autour de l’exercice de la citoyenneté, de l’accès au sport, à la culture, ou encore l’essor de la silver économie» a insisté le premier ministre qui a confirmé que l’aide personalisée à l’autonomie (APA) sera réaffirmée car «D’emblée, nous avons écarté sans ambigüité un recul de la solidarité et le transfert sur les assurances privées, qui resteront facultatives et subsidiaires».

L’allocation personnelle d’autonomie sera améliorée

Près de 1,2 millions de personnes bénéficient de l’APA, dont 60% vivent à leur domicile. L’APA permet d’accompagner les plus dépendants, mais aussi de préserver l’autonomie des âgés en situation de fragilité.

«Pourtant, cette prestation, qui a constitué un immense progrès, connaît aujourd’hui des limites : un plan d’aide sur quatre est saturé, c’est-à-dire ne permet pas d’apporter à la personne toute l’aide dont elle a besoin. Pour les plus dépendants, ce sont près de la moitié des plans d’aide qui sont à leur plafond. Par ailleurs, de nombreux bénéficiaires, parmi les plus modestes et les plus dépendants, y renoncent en partie pour des raisons financières. Il est temps de fonder un acte II de l’APA à domicile qui garantisse une APA plus généreuse et plus accessible».

AInsi les montants d’aides pouvant être alloués pour faire face aux besoins d’aide à domicile pourront être augmentés et tous les bénéficiaires du minimum vieillesse (l’allocation de solidarité aux personnes âgées – ASPA), à savoir les toutes petites retraites, n’auront plus rien à payer et pourront donc accéder à l’aide sans réserve. Les autres verront, dans des proportions dépendant du niveau de leur plan d’aide et de leurs revenus, la part qui leur reste à payer baisse. 375 millions d’euros supplémentaires seront consacrés chaque année à l’APA à domicile.

Une aide pour les aidants
4,3 millions de personnes aident régulièrement au moins un de leurs proches âgé de 60 ans ou plus à domicile en raison d’une santé altérée ou d’un handicap. «Mais parfois au prix de leur propre équilibre ou de leur santé. Nous devons aussi les aider» a insisté le premier ministre. La loi consacre ainsi une aide au répit, afin de permettre à l’aidant d’une personne très peu autonome de s’absenter quelques jours en garantissant que le relais sera pris auprès de l’aidé. D’un montant qui pourra aller jusqu’à 500 euros annuels audelà du plafond de l’APA, cette aide permettra par exemple de financer sept jours de séjour dans un hébergement temporaire. Aménager les domiciles. L’accent sera mis sur la prévention et en particulier, sur l’aménagement du domicile, avec tous les petits équipements du quotidien, de la barre d’appui à la téléassistance qui facilitent la vie chez soi à l’exemple du LENA,  (logement évolutif pour une nouvelle autonomie) soutenu par la Mutualité Française et que le P
remier Ministre a visité lors de sa visite à Angers.
140 millions seront consacrés à ce volet prévention. Un plan national d’adaptation de la société au vieillissement va être lancé pour 80 000 logements d’ici 2017. Il sera notamment porté par l’Agence nationale de l’habitat (ANAH).

Résidences autonomie et silver économie

Un soutien va également être apporté aux foyers logements, intermédiaires, entre le domicile et l’établissemen. Ils seront rebaptisés Résidences Autonomie, grâce à la création d’un forfait autonomie destiné à améliorer la prévention dans ces lieux de vie.

Comme avant lui, Arnaud Montebourg ou Michèle Delaunay, Jean-Marc Ayrault mise sur “ce relais de croissance et d’emploi que représente la « silver économie »  Le développement de cette filière industrielle est un gisement d’emplois considérable pour nos territoires et notre pays”.

Enfin, dans un second temps, un plan pour les établissements sera présenté afin de «remettre à plat le système, engager le choc de simplification, limiter le reste à charge des résidents et des familles et inventer collectivement la maison de retraite de demain. Une maison de retraite plus ouverte sur la Cité, jouant un rôle structurant dans le parcours des personnes âgées et accessible à tous les Francais».

 

Un appartement intelligent
L’appartement Léna a été conçu dans le cadre du Square des âges de « Lac de Maine » qui est un habitat locatif regroupé de 46 logements dont 36 logements sont destinés à des personnes en situation de handicap ou de perte d’autonomie de 60 ans ou plus ;10 logements sont destinés à des étudiants déficients sensoriels. Les logements sont conçus pour être adaptés et évolutifs. Les locataires séniors, bénéficient d’un accompagnement qui sécurise, anime, crée du lien social et coordonne l’action des aidants. Cette alternative de maintien à domicile “enrichi” se veut ouvert en priorité à des Personnes Âgées à revenus modestes. Il est donc conçu et organisé à des tarifs de loyers et de prestation d’accompagnement accessibles au plus grand nombre. L’appartement est accessible, adapté et évolutif pour répondre aux contraintes de la perte d’autonomie qu’elle soit due au handicap ou la conséquence du vieillissement. De type T3, il comprend plusieurs espaces de vie qui reproduisent les conditions d’un habitat standard avec la cuisine, le salon salle à manger, la salle de bain, la chambre et le bureau. L’accessibilité a été pensée pour les espaces extérieurs, les communs et le logement. Equipé du système de contrôle de l’environnement« My Home Legrand», toutes les fonctions du logement : éclairage, volets roulants, chauffage, climatisation, visualisation des consommations, alarmes, portiers vidéo, diffusion sonore sont automatisées et pilotées localement ou à distance.
La Mutualité Française Anjou est partenaire et soutient ce projet innovant.