Bien connu depuis le milieu des années 1970, le vertige dit « paroxystique positionnel bénin » est le vertige le plus courant. Il concerne plutôt les gens âgés, mais peut également apparaître dès 45 ans, surtout chez les femmes. Ses symptômes très particuliers, son caractère bref et reproductible permettent de l’identifier aisément lors de l’entretien médical et de le différencier des autres vertiges. Il est en outre relativement simple à traiter.

Les symptômes

Dans le vertige positionnel, le malaise, provoqué par un brusque mouvement de la tête, dure trente à quarante secondes. Il se reproduit lorsque l’on reprend sa position initiale. On ressent alors une fausse sensation de mouvement, comme si l’espace tournait autour de soi. Ce vertige se produit très souvent le matin au lever ou après un changement de position dans le lit. Il peut également survenir lorsqu’on lève les yeux au ciel. La crise est parfois suivie d’un état nauséeux mais sans troubles associés, à la différence des autres vertiges, qui s’accompagnent quelquefois d’atteintes de l’audition.

Les causes

Dans l’oreille interne, de petites concrétions (les otolithes) présentes de façon naturelle quittent parfois leur emplacement normal (l’utricule) pour tomber dans un des trois canaux semi-circulaires du vestibule, organe de l’équilibre. Or ces otolithes servent de détecteurs de mouvements. Lorsqu’on bouge la tête, le déplacement de l’otolithe stimule l’organe récepteur sur lequel il a atterri et transmet une impression erronée de mouvement qui perturbe l’équilibre. Dans 20 % des cas, ce phénomène apparaît trois à quatre jours après un choc susceptible d’ébranler l’oreille : léger traumatisme crânien, extraction dentaire… Mais, dans la majorité des cas, il n’y a pas de cause. Hasard ou pas, des praticiens ont constaté que, parmi les patientes qui souffraient de tels vertiges, certaines avaient utilisé dans les semaines précédentes des appareils de musculation dont les vibrations ont pour but de contracter les muscles.

Les traitements

En l’absence de traitement, les crises risquent fort de se répéter. Quelques personnes guérissent spontanément. Il est donc important de prendre rendez-vous, au plus tard dans la semaine qui suit le vertige, chez un oto-rhino-laryngologiste (Orl), qui pratiquera un examen pour voir quel canal est incriminé et écartera toute autre maladie. Pour vérifier son diagnostic, l’Orl va essayer de reproduire le vertige en faisant basculer le patient vers le côté supposé atteint. Le traitement le plus souvent prescrit fait appel à la kinésithérapie. Il s’agit, en général, de la manœuvre de Semont (du nom de son inventeur), effectuée par un médecin ou par un kiné habilité à pratiquer la rééducation vestibulaire. Une récidive est possible dans 6 à 10 % des cas. Une deuxième, voire une troisième manœuvre seront alors nécessaires. La prise d’un médicament antivertigineux n’a rien d’obligatoire.