Dans un communiqué commun publié hier, les ministères de l’Ecologie, de la Santé et du Travail annoncent que la réglementation sur l’exposition des travailleurs à l’amiante sera durcie au premier semestre 2012.

Les modifications à venir de la réglementation comprennent notamment un abaissement du seuil de la valeur limite d’exposition professionnelle de 100 fibres d’amiante par litre d’air à 10 fibres.

Les mesures d’empoussièrement sur le lieu de travail devront être effectuées de manière à prendre en compte toutes les catégories de fibres, y compris les fibres fines qui n’étaient pas visibles avant l’utilisation de la META, annoncent les trois ministères.

Par ailleurs, la distinction entre amiante friable et non friable sera supprimée du code du travail et la certification des entreprises à l’ensemble des activités de retrait et d’encapsulage de matériaux contenant de l’amiante sera généralisée.

La décision découle d’une campagne de prélèvements et de mesures des fibres d’amiante en milieu professionnel menée par l’Institut de recherche et de sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles (Inrs). Cette enquête a été faite sur des chantiers de traitement, de retrait ou de maintenance concernant des matériaux susceptibles de libérer des fibres d’amiante.

Cette campagne de mesures menée en 2009 et 2010 a montré dans les entreprises concernées “des niveaux d’empoussièrement d’une ampleur inattendue pour certains matériaux”, niveaux liés “soit aux techniques utilisées soit à l’état de dégradation de ces matériaux”.

Un changement de méthode de mesure de présence de l’amiante – par microscopie électronique à transmission analytique (META) – a par ailleurs permis “de comptabiliser les fibres fines d’amiante qui n’étaient pas visibles précédemment” .

Nombreux sont ceux qui estimeront que ces décisions viennent tardivement. L’amiante est interdit en France depuis 1997, mais de nombreuses constructions ou équipements industriels en contiennent toujours. Et chaque intervention dans ces structures est susceptible d’en libérer dans l’atmosphère.