Dans son numéro de juillet, la revue indépendante Prescrire attire l’attention sur les risques que font courrir la vente de médicaments en ligne. Depuis 2013, en effet, la France autorise que des médicaments sans prescription médicale soient vendus à partir du site internet d’une officine.

« La mise en place de ce dispositif, encore incomplet mi-2013 mais déjà effectif dans les faits, vient transformer la relation patient-pharmacien et la pratique du métier officinal. Il réduit le rôle du pharmacien à l’exécution d’une commande alors que son rôle est de garantir, par une dispensation adaptée, une utilisation correcte des médicaments », écrit Prescrire.

La revue rappelle que les médicaments ne sont pas des biens de consommation comme les autres. Pourtant, ils sont de plus en plus assimilés à une marchandise. Les auteurs battent notamment en brèche l’idée que la directive européenne de 2011, qui légalise la vente de médicaments sur internet dans l’Union Européenne (et sur laquelle la France s’est alignée), allait permettre de lutter contre les contrefaçons. On estime, en effet, que la moitié des médicaments vendus sur la toile sont contrefaits.

« Dans les faits, l’autorisation de la vente de médicaments sur internet favorise davantage une libéralisation du commerce des médicaments qu’elle n’est un moyen de lutter contre la circulation de médicaments falsifiés », affirme la revue, pour laquelle on franchit « Un pas de plus vers une vente sans la relation de soin ». Donc sans écoute, sans dialogue, sans « attention portée à une attitude, à un contexte médical, psychologique ou social. C’est aussi négliger des conseils et interventions qui font partie de l’acte pharmaceutique : orientation vers un autre professionnel de santé, proposition d’arrêter un medoc source d’effets nocifs (…), etc. ».

 

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