« Il faut informer, expliquer et être transparent », a déclaré la ministre de la Santé, Marisol Touraine, le 22 avril, en présentant le nouveau calendrier vaccinal. Pour cause, la vaccination suscite de plus en plus d’interrogation dans le public : 71% des Français lui font toujours confiance mais ils étaient 6% de plus l’année dernière.

La polémique suscitée sur l’intérêt du vaccin Gardasil (voir article ci-dessous), indiqué en prévention du cancer du col de l’utérus, et les effets secondaires supposés qu’il a engendrés chez des jeunes femmes ayant porté plainte au pénal, n’y sont évidemment pas pour rien.

Les controverses avaient déjà commencé avec la vaccination contre l’hépatite, démarrée à grand renfort de publicité et de messages excessifs, basés sur la peur (l’hépatite B tue plus que le sida, etc.) en 1994 puis avec celui contre la grippe H1N1, l’hiver 2009-2010.

D’après l’Agence nationale de sécurité du médicament, le rapport bénéfice-risques de ces trois vaccins demeure favorable mais des doutes subsistent, chez certains, sur des cas de sclérose en plaque qui ont suivi la vaccination hépatite B et une soixantaine de personnes ont été atteints de narcolepsie, une maladie rare du sommeil, depuis leur vaccination antigrippale H1N1.

Actuellement, le Gardasil fait l’objet d’une surveillance active et une nouvelle étude pharmaco-épidémiologique a été lancée par l’Agence du médicament dont les résultats sont attendus à la fin de l’année.

D’ici là, la ministre de la Santé en appelle à un débat « serein, calme, apaisé, basé sur des études rigoureuses et scientifiques ».

Dans le nouveau calendrier vaccinal, la vaccination anti HPV reste donc recommandée chez les adolescentes de 11 à 14 ans mais elle passe à deux injections, espacées de six mois, au lieu des trois prévues jusque-là. En revanche, les jeunes filles qui se feront vaccinées plus tard (14 ans et plus, comme cela était préconisé au départ), devront recevoir les trois doses.

Autre modification par rapport à 2013 : la recommandation de la vaccination contre la coqueluche est étendue aux adultes en contact avec des bébés de moins de six mois et aux professionnels de santé et de la petite enfance.

Une attention particulière est portée également à la vaccination des enfants contre les oreillons et la rougeole lorsque plusieurs cas groupés apparaissent en collectivité. Le relâchement vis-à-vis du vaccin contre la rougeole a entrainé dans plusieurs pays industrialisés des flambées épidémiques ces dernières années.

La maladie s’est développée aussi chez des personnes qui avaient été vaccinées mais qui n’étaient pas à jour de leurs rappels. Ce qui est le cas d’environ un adulte sur cinq en France. L’Institut national de prévention et d’éducation à la santé (Inpes) vient de lancer une campagne d’information sur ce thème.