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Vaccination

Vaccin contre le cancer du col de l'utérus : dénoncer les idées fausses

Des gynécologues font le point sur la vaccination contre le cancer du col de l'utérus qui fait chaque année, 3 000 nouveaux cas en France.

Les gynécologues montent au créneau pour dénoncer les « polémiques » et « rumeurs » au sujet de la vaccination contre le cancer du col de l'utérus. 

La France est le pays où le taux de vaccination est le plus bas

« Nous assistons depuis plusieurs mois à des polémiques et des idées fausses qui circulent sur le vaccin contre le col de l'utérus. Sur la Toile mais aussi dans la presse, s'insurge le Professeur Jean Gondry, président de la Société française de colposcopie et de pathologie cervico-vaginale (Sfcpcv). Le vaccin serait responsable d'une recrudescence de cancers, de la survenue de la sclérose en plaque ou, au mieux, serait inefficace. Tout ceci est faux ! » Après le colloque de la Sfcpcv en janvier et la Journée de lutte contre le cancer, le 4 février, les professionnels souhaitent faire le point sur la vaccination contre le cancer du col de l'utérus en France, où le taux est un des plus bas d'Europe lié à la forte présence des anti-vaccins. Alors que « dans les pays où la vaccination est plus répandue, défend le président de la Sfcpcv, comme en Australie où 80% des adolescentes et 75% des garçons sont immunisés, la proportion de jeunes femmes de 18 à 24 ans porteuses du papillomavirus a chuté de manière spectaculaire, de 23% à 1% en dix ans ». Idem en Angleterre et au Danemark, où 70% des jeunes filles sont immunisées, les lésions précancéreuses, qui apparaissent environ dix ans après une transmission du papillomavirus, sont en net recul.

« Les années suivant sa mise en place, en 2007, le taux de vaccination était de 30%, aujourd’hui on est à 18% », regrette Jean Gondry, qui rappelle que le nombre de 3000 nouveaux cancers du col de l’utérus diagnostiqués chaque année ne bouge pas depuis les années 1980 et qu'il tue par an, en France, plus de 1000 personnes.

Le vaccin protège aussi contre d’autres cancers

Le papillomavirus (Hpv), transmis lors des rapports sexuels, peut aussi provoquer des cancers de la gorge, de la vulve, du vagin ou de l’anus. Il est à l’origine de 30% des tumeurs des amygdales. « En France, ils augmentent d’ailleurs de façon spectaculaire, affirme Jean Gondry. Alors que la vaccination permet de s’en prémunir. » Le nouveau Gardasil 9, disponible en France depuis septembre, protège désormais contre 85 à 90% des virus responsables de ces cancers.

A noter : depuis 2007, le vaccin est recommandé aux filles de 11 à 14 ans avant le démarrage de la vie sexuelle. Deux injections sont nécessaires espacées d'au moins six mois. Le vaccin sera moins efficace si la vie sexuelle a déjà débuté, mais il est toujours possible de se faire vacciner. Il est remboursé à 65%. Le ministère de la Santé réfléchit à la possibilité d'étendre cette recommandation aux garçons comme cela se fait en Australie ou aux Etats-Unis. Car le papillomavirus est non seulement transmis par les garçons mais peut aussi provoquer chez eux des cancers du penis, de l'anus, de la gorge et de la langue.

La vaccination ne remplace pas les frottis de dépistage recommandés à partir de 25 ans, tous les trois ans.

Monde : 310 000 femmes meurent chaque année dans le monde du cancer du col de l'utérus, le 4e le plus fréquent chez les femmes. 

 

 

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