« La grippe, ce n’est pas rien. Alors, je fais le vaccin ». C’est le slogan de l’hiver 2014-2015 pour la campagne de vaccination contre la grippe saisonnière qui vient d’être lancée par la ministère de la Santé.

Environ 10 millions de personnes sont invitées à se faire vacciner, en priorité les personnes dont le système immunitaire est affaibli : personnes âgées et patents atteints de maladies chroniques (diabète, etc.).

Depuis la grippe H1N1, durant laquelle trois futures mamans sont décédées, le vaccin est aussi recommandé aux femmes enceintes et aux personnes obèses. Pour toutes ces personnes considérées à risques, le vaccin est pris en charge à 100% par l’Assurance Maladie.

L’hiver dernier, l’Institut de Veille sanitaire (InVS) a recensé 583 cas graves de grippe et 11 décès ont été enregistrés.

Mais le vaccin est-il aussi efficace qu’on veut bien le dire ? C’est la question que de plus en plus de Français se posent. En 2004, 62,5% à être vaccinés, ils étaient 50% en 2012 et 56% ne voyaient pas l’intérêt de se faire vacciner en 2013.

Pour répondre, il faudrait des évaluations sérieuses. Or, on en manque. Selon l’Institut Cochrane, réseau indépendant passant au crible les stratégies de santé sur le plan international, le vaccin antigrippal diminuerait un peu la grippe chez les plus de 65 ans à risques mais son intérêt serait incertain chez les personnes en bonne santé dans cette tranche d’âge et chez les plus de 75 ans.

En revanche, la vaccination pourrait limiter la propagation du virus et les risques de complications et de mortalité chez les personnes âgées vivant en institution à condition que les soignants soient vaccinés aussi, ce qui est loin d’être le cas partout.

Chez les femmes enceintes, l’utilité du vaccin serait très modeste et chez les personnes souffrant d’obésité morbide, encore moins.

En fait, le vaccin serait plus efficace sur les populations jeunes, 15-59 ans, qui ne sont pas celles ciblées en priorité par les campagnes de prévention.

La bonne nouvelle est qu’il est plutôt bien toléré, c’est-à-dire qu’on observe peu d’effets indésirables.