Une infirmière ayant eu une sclérose en plaques suite à un vaccin contre l’hépatite B va recevoir 2,4 millions d’euros de l’Etat. Ainsi, en a décidé la Cour administrative d’appel de Nancy en juin dernier.

Ces dommages et intérêts constituent « a priori un record d’indemnisation pour ce type de litige », a commenté une source proche du dossier selon l’AFP.

La sclérose en plaques est une maladie grave qui affecte le système nerveux central et évolue par poussée. Les patients peuvent se retrouver lourdement handicapés.

Une maladie handicapante

La victime, une infirmière psychiatrique, a déclaré les premiers symptômes de la maladie après s’être fait vacciner contre l’hépatite B en 1991 dans le cadre de son travail. En retraite anticipée depuis 1997, elle est reconnue en incapacité permanente partielle à 60%.

Après un recours gracieux contre le ministère de la Santé pour demander réparation des préjudices physiques et psychiques subis qui lui a été refusé, l’ancienne infirmière avait fait appel, en mai 2012. La Cour administrative de Nancy avait alors diligenté une expertise.

« Ses perspectives d’évolution professionnelle ont été réduites en raison de son handicap (et) elle justifie ainsi d’un préjudice certain à caractère professionnel », ont estimé les juges. Ils ont également jugé que, en raison de sa perte d’autonomie, la plaignante était victime d’un préjudice moral et personnel et ont condamné aussi l’Etat à lui rembourser ses frais de santé et de matériel spécialisé. 

L’hépatite B se transmet par un virus par voie sanguine ou sexuelle lors de rapports non protégés. La maladie peut ne jamais faire parler d’elle mais chez certaines personnes contaminées, elle peut évoluer vers la cirrhose du foie, voire un cancer.

Les professionnels de santé sont obligatoirement soumis à la vaccination. En 1994, la France a également lancé une grande campagne pour vacciner les adolescents mais les premiers cas de scléroses en plaques suite à la vaccination, relatés dans les médias en 1998, l’ont arrêté net.

Un vaccin sous haute surveillance

Aujourd’hui, les effets indésirables continuent d’être surveillés. En 2011, l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) recensait 1 650 affections démyélisantes centrales parmi lesquelles 1418 scléroses en plaque mais aussi d’autres maladies auto-immunes comme le syndrome de Guillain-Barré, la polyarthrite rhumatoïde, le lupus, la thyroïdite, etc.

Selon les autorités sanitaires et l’Organisation Mondiale de la Santé, il n’y aurait pas de lien de causalité entre la vaccination et les troubles signalés. Malgré cela, le doute persiste. L’hypothèse d’un lien entre les pathologies déclarées et l’adjuvant à base d’aluminium du vaccin n’est pas écarté.

En France, une association, le Revahb se bat pour que les victimes du vaccin contre l’hépatite B puissent être reconnus. Une soixantaine de plaintes au tribunal pénal sont en cours d’instruction.

Aujourd’hui, le vaccin contre l’hépatite B est recommandé aux nourrisons , avec un rattrapage chez les adolescents avant 16 ans, ainsi qu’aux personnes à risques : personnes exposées aux infections sexuellement transmissibles, usagers de drogues intraveineuses, patients susceptibles de recevoir des produits dérivés du sang, voyageurs en zone d’endémie, insuffisants rénaux chroniques ou dyalisés, porteurs du virus du sida et de l’hépatite C, soignants, etc.