Une victoire pour les victimes de l’amiante

Le 10 janvier, le conseil de prudhommes de Saint-Etienne a rendu son délibéré sur le cas des 23 ex-salariés de Garlock-France (ex-Cefilac) qui demandaient une compensation de leur perte de revenus du fait de leur départ anticipé en retraite amiante : il a accordé 10 000 euros par plaignant au titre de la réparation du bouleversement des conditions de vie et 12 000 euros par personne au titre du préjudice d’anxiété.

En revanche, comme dans beaucoup d’autres jugements aujourd’hui,
le conseil de prud’hommes stéphanois a débouté les salariés de leur demande de dédommagement au titre
du préjudice économique.

« Nous nous félicitons de ce jugement », a déclaré à l’issue de l’audience Augustin Vinals, président du Comité amiante prévenir et réparer (Caper) de la Loire. Après une longue procédure, ce jugement est un soulagement
pour tous les plaignants. Parmi eux, Charles Bellavia, ancien président
de la Mutuelle générale Loire Sud (Mgls). Parti en 2001 en préretraite amiante, il se sent un peu plus serein : « Je comptabilise presque quarante ans d’exposition à l’amiante. » Une épée de Damoclès, pour lui comme pour tous les salariés exposés.

Gilbert Lesage, soixante-quatre ans, compte également de nombreuses années dans l’entreprise. Pour l’instant, il n’a pas encore fait de demande de suivi postprofessionnel. Des salariés de la Soma, autre entreprise du département, étaient venus soutenir leurs collègues. Eux aussi ont adhéré au Caper 42, qui croule sous les demandes, au dire de son président. Ils sont plus de 160 à préparer leur dossier avec l’aide de l’association. Pour les mêmes motifs.

Parmi eux, Daoud Bendahri, soixante-douze ans : « On montait
des ponts pour des camions, les boîtes de vitesses. Dans les embrayages,
il y avait de l’amiante. On ne savait pas que c’était dangereux. Nous n’avions pas de protections. Ce que les patrons ont fait, ce n’est pas bien.
Il faut qu’ils soient condamnés. »

Que les responsables paient, c’est
ce que réclament tous ces salariés
de la Loire, meurtris dans leur chair,
comme beaucoup d’autres. « Nous nous attendons à ce que Garlock fasse appel de ce jugement, dira encore Augustin Vinals. Nous verrons avec notre avocat, Me François Lafforgue, comment nous y préparer. »

Il est toutefois optimiste pour la suite. Comme il se dit « content » d’apprendre – la nouvelle est tombée la veille, Ndlr – que quatre membres du Comité permanent amiante (Cpa) aient
été mis en examen dans le cadre de la procédure au pénal. « Nous attendons aussi un procès et que ces gens soient condamnés, car ils se sont servis de la science pour mentir. Pendant ce temps, des salariés mouraient. »

A noter : l’assemblée générale du Caper 42
se tiendra le samedi 14 avril, à 9 heures,
à l’amicale laïque de Terrenoire (Saint-Etienne).