Se dépenser physiquement plutôt que prendre un médicament ? L’idée fait son chemin. Car si bouger prévient les maladies, cela peut aussi les soigner. En 2013, une étude publiée dans le British Medical Journal, faisant
la synthèse de plusieurs travaux scientifiques de grande ampleur, a révélé que le sport était aussi efficace qu’un traitement médicamenteux chez des patients souffrant de maladies cardio-vasculaires. Dans certains cas, il apportait même un bénéfice légèrement supérieur à celui des anticoagulants et des antiplaquettaires. Pas étonnant donc que l’activité physique fasse partie des programmes d’éducation thérapeutique des personnes atteintes
de certaines affections cardiaques. Selon l’Inserm, ceux qui suivent ces programmes voient leur mortalité baisser
de 25 à 35 % par rapport aux autres. Chez les diabétiques, l’exercice limite les complications liées à la maladie et,
parfois, la prise de médicaments. Tout aussi spectaculaire, l’effet anti-inflammatoire et anti-oxydant procuré par deux heures de marche ou de vélo par semaine entraîne une diminution de 40 % du nombre d’hospitalisations
et de décès chez les personnes souffrant de broncho-pneumopathie chronique obstructive (Bpco).

L’activité physique régulière jouerait aussi un rôle dans le traitement de la dépression légère à modérée : selon certains psychiatres, elle pourrait être aussi bénéfique que des antidépresseurs pour faire reculer les symptômes. Ces dernières années, des disciplines sportives adaptées (karaté, danse, gymnastique douce, escrime, etc.)
sont également proposées dans les services de cancérologie des hôpitaux et les centres de lutte anti-cancer
afin d’améliorer la qualité de vie des patients durant les traitements. Mais pas seulement : « L’activité physique maintenue pendant et après les traitements réduit de moitié le risque de rechutes chez les patients souffrant d’un cancer du sein, du côlon ou de la prostate, explique le Dr Thierry Bouillet, cancérologue au Chu Avicenne, à Bobigny, et président de la Fédération nationale sport et cancer Cami (Cancer arts martiaux et information). Et ce, quel que soit le diagnostic de départ. » Preuve s’il en est de cette tendance : depuis le 3 octobre dernier,
la Ligue nationale contre le cancer offre des séances d’activité physique gratuites aux malades.