Une histoire de la Sécu à écouter sur Internet

Quand la Sécurité sociale a été créée en 1946 par Amboise CROIZAT, ministre du travail, il s’appuie sur les caisses d’assurances sociales existant depuis les années 1930. Son acte révolutionnaire, c’est de doubler le taux de cotisation salariale et patronale de 16 à 32% du salaire brut et de tripler le montant des allocations familiales. Après guerre, cela va être un élément déterminant de la croissance. Dans les années 1960, une nouvelle augmentation considérable du taux de cotisation maladie financera la création des centres hospitaliers universitaires et le conventionnement de la médecine de ville. Ce mouvement de hausse se poursuit dans les années 1970, avec la hausse du taux de cotisation vieillesse.

La cotisation sociale est l’institution à la fois la plus progressiste et la plus mal défendue. Il s’agit toujours de la remplacer par un impôt : TVA, CSG, impôt sur le capital ou mieux encore « rêvent » les libéraux par les sociétés d’assurance privées (différentes des Mutuelles qui sont des organismes à but non lucratif c’est-à-dire que les cotisations sont reversées et ne sont pas destinées à la rémunération de l’assureur).

Les abattements ou exonérations de cotisations patronales se développent à partir des années 1990 pour lutter contre le chômage et le risque de délocalisation des entreprises. C’est bien sûr du manque à gagner pour la Sécurité sociale et ça ne crée pas d’emplois, sans éviter le risque de délocalisation des entreprises. Par contre le non-versement de la cotisation patronale signifie que c’est l’Etat, c’est-à-dire l’impôt ou plus précisément une série de taxes qui devrait compenser l’exonération auprès de la Sécurité sociale. Or cette question du financement de la sécurité sociale par l’impôt  plutôt que par la cotisation sociale est déterminante comme en témoigne Bernard Friot, économiste et sociologue spécialiste de la Sécurité Sociale. Retrouvez les conférences de ce militant de la cotisation sociale en ligne sur Internet

(source les amis du Diplo… Versailles)