La Sécu fête ses 70 ans cette année. A-t-elle bien vieilli ?

La Sécu nous protège tout au long de la vie. C’est une gigantesque réussite sociale. Elle a permis la baisse de la pauvreté des personnes âgées, la réduction des inégalités, la montée de l’espérance de vie. Les allocations familiales jouent un rôle dans notre bon taux de fécondité. Les Français ne s’y trompent pas. Ils sont profondément attachés à la Sécu.

Peut-elle encore faire mieux ?

On ne doit ni s’enfermer dans une célébration béate, ni vouer la Sécu aux gémonies: si elle a contribué à réduire beaucoup d’inégalités, elle peine à prendre en charge les nouveaux risques, en particulier ceux des jeunes très précarisés. Autre écueil, le système, avec son empilement de dispositifs –régime des indépendants, des agriculteurs, Cmu, fonctionnaires…–, est devenu incompréhensible pour les Français. Tout le monde est aujourd’hui couvert par la Sécu, mais pas de la même manière. Résultat: pour les Français, la Sécu, c’est leur carte Vitale. Ils méconnaissent son fonctionnement. C’est pire encore chez les jeunes.

On parle plus des déficits de la Sécu que de ses vertus…

En France, le trou de la Sécu est stigmatisé car il est dissocié des autres déficits publics. Dans la plupart
des autres pays, les dépenses sociales sont incluses dans la dépense publique. Les déficits sont abyssaux, mais globaux. Pour autant, le déficit de la Sécu n’est pas un mythe.
Pour le combler, on emprunte sur les marchés  nanciers. Et il faudra bien régler cette dette. S’il est évident que la Sécu est un investissement social, s’il est compréhensible que notre société ne veuille pas se restreindre sur la santé, il faut quand même s’interroger pour savoir si toutes les dépenses sociales sont nécessaires, si certaines ne sont pas plus pertinentes que d’autres.