Les deux vaccins Gardasil et Cervarix, qui protègent les jeunes filles contre certains cancers du col de l’utérus, ne présentent pas de risque global de survenue de maladies auto-immunes, comme la sclérose en plaques, d’après une étude réalisée conjointement par l’Agence nationale de sécurité du médicame (Ansm) et l’assurance-maladie.

L’Agence nationale de sécurité du médicame (Ansm) et l’assurance-maladie ont mené une vaste enquête sur les risques potentiels des deux vaccins Gardasil et Cervarix, préconisés contre le cancer du col de l’utérus. Cette étude portait sur une cohorte de 2,2 millions de jeunes filles âgées de 13 à 16 ans suivies de 2008 à 2012. D’après les résultats, il s’avère qu’il n’y a pas de risque global de survenue de maladies auto-immunes, comme la sclérose en plaques, et confirme les résultats d’autres enquêtes menées dans plusieurs pays.

Néanmoins, une augmentation du risque de syndrome de Guillain-Barré (une grave maladie neurologique inflammatoire qui attaque les nerfs périphériques et entraîne des paralysies) apparaît toutefois probable, mais ses conséquences sont limitées 1 à 2 cas pour 100 000 jeunes filles vaccinées. A ce jour, dix-neuf jeunes filles vaccinées ont ainsi été touchées. Une quarantaine de dossiers sont également en cours concernant des jeunes filles atteintes de sclérose en plaque ou d’autres maladies, contractées après l’injection du vaccin.

A quoi sert le vaccin ?

Près de 3 000 nouveaux cas de cancer du col de l’utérus sont diagnostiqués chaque année en France et le nombre de décès liés à ce cancer est de 1 000 par an.

La vaccination contre les infections à papillomavirus humains (Hpv) a pour objectif de protéger contre les maladies provoquées par ces virus. Ces derniers peuvent être à l’origine de lésions précancéreuses de l’appareil génital féminin (col de l’utérus, vulve et vagin), de lésions précancéreuses de l’anus, de verrues génitales, de cancer du col de l’utérus et de cancer de l’anus.

Deux vaccins sont commercialisés en France (Gardasil depuis 2006 et Cervarix depuis 2007) et recommandés chez les jeunes filles âgées de 11 à 14 ans avec un rattrapage limité jusqu’à 19 ans révolus.

  •  Gardasil  protège contre les Hpv de types 6, 11, 16 et 18 ;
  •  Cervarix  protège contre les Hpv de types 16 et 18.

Pourquoi vacciner si tôt ? Car les données scientifiques montrent que la réponse immunitaire est meilleure lorsque le vaccin est administré avant 14 ans plutôt qu’après. C’est la raison pour laquelle l’âge a été abaissé dans le calendrier vaccinal 2013.

D’autre part, la contamination par le Hpv se fait le plus souvent dans les premières années de la vie sexuelle, c’est pour cela que l’on recommande le vaccin avant le premier rapport. Par ailleurs, le vaccin s’avère moins efficace lorsque la jeune fille a déjà été infectée par un Hpv.

La vaccination ne doit pas faire oublier que le frottis cervico-utérin doit être poursuivi, tout au long de la vie (de 25 à 65 ans, tous les 3 ans). C’est un moyen de dépistage efficace et complémentaire face au cancer du col de l’utérus.