Le 18 juin dernier, Mutami a tenu son assemblée générale à Toulouse. D’emblée, Michel Lapierre, son président, et les élus ont vivement dénoncé l’action gouvernementale.

Cette assemblée générale a été marquée par le refus réitéré des taxes et des contributions croissantes, le rappel des engagements pris – et non tenus – par le président de la République, et la dénonciation de l’Ani (accord national interprofessionnel). « La volonté de généraliser une mutuelle pour tous, c’est une caricature, s’est indigné le président. On ne s’adresse qu’à ceux qui ont la “ chance ” d’avoir un emploi. Trop de gens sont exclus du dispositif. » Et de dénoncer les clauses de désignation, qui – après veto du Conseil constitutionnel – se sont muées en clause de recommandation !
Par ailleurs, les participants se sont félicités de la bonne santé de la mutuelle. En effet, une 17e agence a ouvert à Castres, en novembre 2013, renforçant la proximité chère à la mutuelle. « Nous terminons avec un léger déficit, dont nous avons identifié les causes [augmentation trop modérée des cotisations, Ndlr]. En revanche, nous avons observé que 3 à 4 % de nos adhérents ne paient pas leur cotisation, elle est réglée par un compte tiers… Une pratique due aux difficultés financières que nombre d’entre eux traversent… C’est pour cela qu’il nous importe de garder nos cotisations à un niveau bas », a souligné le président. L’accès aux soins étant une priorité pour la mutuelle, l’annonce de la généralisation du tiers payant a été saluée.
Avec l’ouverture de sept agences en trois ans, le redéploiement de personnel et un effectif en hausse de 10 %, Mutami, issue à l’origine du regroupement de quatre mutuelles, a prouvé qu’une fusion pouvait être créatrice d’emplois. Le partenariat avec l’Union de gestion des réalisations mutualistes (Ugrm) a permis l’ouverture d’un huitième centre d’optique mutualiste, à Blagnac, en septembre 2013 ; la rénovation de l’Ehpad géré par l’Ugrm à Mercuès, près de Cahors, permettra l’accueil de 67 personnes. En parallèle, l’Ugrm a pu devenir propriétaire de la clinique du Quercy, un établissement de soins de suite et de réadaptation (Ssr), grâce au soutien de l’agence régionale de santé (Ars). La mise aux normes du bâtiment devrait permettre l’ouverture de 90 lits, avec des tarifs accessibles aux adhérents de Mutami et à l’ensemble de la population. « Nous serons ainsi identifiés comme un opérateur majeur – à but non lucratif – pourvoyeur de réponses aux besoins de rééducation des personnes âgées et dépendantes », s’est félicité le président, avant d’annoncer l’ouverture prochaine d’un centre d’audioprothèse mutualiste à Bordeaux.
Enfin, un point a été fait sur le partenariat de Mutami avec d’autres mutuelles, en prévision des contraintes des prochaines réglementations. L’objectif d’un plan à deux ans permettra à ces structures de rejoindre la mutuelle et d’en devenir des sections à part entière. 8 000 bénéficiaires viendront s’ajouter aux 49 000 que compte Mutami : « Cela consolidera Mutami, accroîtra l’efficacité de l’Union mutualiste de groupe (Umg) Solimut et, par ricochet, renforcera les Mutuelles de France et, au-delà, la mutualité dans son ensemble », s’est réjoui Michel Lapierre.
L’AG s’est terminée sur un appel à l’implication des adhérents et par la réaffirmation d’une adhésion forte au concept de mouvement social – en opposition à la notion d’« entreprenariat social », souvent décriée. « Nous ne nous posons pas en gardiens du temple, mais nous avons à cœur de garder nos valeurs, notre singularité et notre Adn mutualiste », a conclu Michel Lapierre.