Un tiers des accidents indésirables graves à l'hôpital pourrait être évité

Accidents médicamenteux, infections nosocomiales, perforation d’un organe… A l’hôpital, dans un service de 30 lits, un événement indésirable grave survient environ tous les cinq jours. Parmi eux, un tiers pourrait être évité. Un chiffre stable, selon la Haute autorité de santé (HAS) pour qui le manque de coordination et de communication entre les équipes soignantes est l’une des causes de ces accidents alors « que le travail en équipe a un impact positif sur la qualité et la sécurité des soins ».

En France, on recense 275 000 à 395 000 évènements indésirables graves par an, soit environ 900 par jour. Or, sur 9000 erreurs médicales que la HAS a analysé en 2011, 26% sont liées au fonctionnement des professionnels de santé et principalement à des problèmes de communication. Aux États-Unis, la mortalité a baissé de 18% après qu’un programme d’amélioration du travail en équipe ait été mise en place. Le même constat est fait un peu partout dans le monde. De même, il est reconnu qu’un fonctionnement plus collectif favorise la santé et le bien-être des soignants.

Or, souligne la HAS, « aujourd’hui, le travail en équipe repose essentiellement sur la juxtaposition d’expertises et n’est pas assez articulé autour d’une culture et d’un objectif commun qui permettent à chacun de mieux se coordonner et coopérer ».

Pour lutter contre cette tendance et éviter que le patient continue à en faire les frais, la HAS lance le PACTE (Programme d’amélioration continue du travail en équipe). L’idée est d’accompagner une quinzaine d’équipes volontaires à améliorer leurs pratiques médicales en définissant un programme qui sera basé sur l’autoévaluation de leurs points faibles et de leurs points forts. « L’expérimentation doit permettre de définir ce qu’est une équipe efficace, d’activer les leviers de changement au niveau de l’équipe tels que la collaboration interprofessionnelle ou l’intégration du patient comme acteur de la prise en charge », précise la HAS.

Les projets pilotes concerneront aussi bien la prise en charge de l’hémorragie post-partum de la femme enceinte que le circuit du médicament dans les établissements ou encore la chirurgie ambulatoire. Une généralisation de la démarche est envisagé en 2016.

 

LES PERSONNES AGEES SONT LES PLUS TOUCHEES

Selon l’Organisation mondiale de la santé, plus de 30 000 patients décèdent chaque année en France d’un accident médical. Ces évènements indésirables sont liés majoritairement à un acte invasif (endoscopie, pose de pacemaker, de prothèses…), à une erreur dans l’administration de médicaments, à une infection nosocomiale, etc. Particulièrement fragiles, les personnes âgées en sont les premières victimes.