Un rapport révèle que près de deux tiers des experts de l'Efsa sont liés à l'industrie 

 

Un rapport publié le 23 octobre, et réalisé par l’ONG Corporate Europe Observatory (CEO), montre que 59% des experts de l’Autorité européenne de sécurité alimentaire (EFSA) sont liés à l’industrie. « Le nombre de conflits d’intérêts dans l’agence est consternant », déclare Stéphane Horel, qui a mené l’enquête, au journal Le Monde.

Selon ce dernier, l’analyse des 209 déclarations d’intérêts des membres des groupes de travail de l’EFSA révèle 850 liens avec les industriels : financements de recherches et de laboratoires, contrat d’expertise-conseil, etc. A eux seuls, 17 des 20 scientifiques affectés au panel « produits diététiques, nutrition et allergies » recensent « plus de 100 conflits d’intérêts ».

L’ennui, c’est que ces experts -qui sont, par ailleurs, chercheurs ou professeurs d’université, sont amenés à évaluer les risques des produits (OGM, pesticides, édulcorants, additifs, etc.) présents dans ce que nous mangeons. Or, comment remettre en cause en toute indépendance une substance mise sur le marché par un fabricant qui finance ses recherches sans craindre d’avoir les vivres coupées ou de perdre un contrat ? Difficile pour ne pas dire impossible.

Comment ne pas douter ensuite de la validité des études ? Au début de l’année, un rapport de l’EFSA sur l’aspartame a fait grincer des dents car certains passages s’inspiraient des études fournies par l’industrie ; en revanche, les résultats d’études indépendantes n’apparaissaient pas.

Depuis des années, des ONG, des scientifiques, des lanceurs d’alerte… réclament la création d’une Haute Autorité de l’Expertise.

 

A lire :
La Fabrique du mensonge, Stéphane Foucart, Denoël, 17 euros. Le livre décrit les méthodes employées par l’industrie du tabac, de l’amiante, des Ogm, etc., pour manipuler la science (faux experts, corruption, études biaisées…) et contribuer à dédouaner leurs produits. Un mécanisme bien huilé.