Début 2012, un quart des sans-domicile adultes occupaient un emploi. C’est l’enseignement surprenant d’une enquête de l’Insee publiée le 7 avril 2014. Les deux cinquièmes étaient au chômage. Par ailleurs, neuf sans-domicile sur dix ont déjà travaillé au cours de leur vie, selon une enquête de l’Insee.
Les sans-domicile ayant un emploi ont des conditions d’hébergement plus stables que les autres sans-domicile. Mais ils occupent des emplois très précaires : 22 % déclarent ne pas avoir de contrat de travail et 15 % sont intérimaires, stagiaires ou saisonniers. En outre, trois sans-domicile sur cinq perçoivent un salaire inférieur à 900 euros par mois.
Le taux d’emploi des personnes sans domicile est d’autant plus élevé que leurs conditions d’hébergement sont stables : 31 % de ceux qui occupent un logement fourni par une association travaillent, et 25 % pour ceux qui sont logés dans un centre où ils peuvent rester la journée. La proportion est de 21 % parmi ceux qui résident à l’hôtel et de 13 % parmi les personnes qui résident dans un centre d’hébergement qu’il faut quitter dans la journée ou qui vivent dans la rue.
Ouvriers et employés
Quand ils occupent un emploi, les sans-domicile sont surtout salariés : 4 % seulement déclarent être indépendants. Parmi les salariés, 8 % travaillent dans la fonction publique (État, territoriale ou hospitalière), 5 % pour un centre d’hébergement ou un foyer, souvent en contrepartie de l’hébergement ou d’un repas (presque uniquement des hommes), 19 % pour une association. Les deux tiers restant sont salariés dans une entreprise ou chez des particuliers. Lorsqu’ils travaillent, les sans-domicile occupent presque exclusivement des emplois peu qualifiés : 93 % sont employés ou ouvriers, contre une personne sur deux pour l’ensemble de la population occupant un emploi en France. Les hommes sans domicile sont souvent ouvriers du bâtiment (20 %) ou employés dans l’hôtellerie ou la restauration (22 %). Près de la moitié des femmes qui travaillent sont quant à elles employées dans les services aux particuliers et 15 % le sont dans l’hôtellerie ou la restauration.
Un salarié sur cinq n’a pas de contrat de travail
Deux sans-domicile salariés sur cinq bénéficient d’un contrat à durée indéterminée (CDI) contre 87 % de l’ensemble des salariés. Un quart a un contrat à durée déterminée (CDD) ; les autres occupent des emplois temporaires (15 %) ou n’ont pas de contrat de travail (22 %).
Le sous-emploi touche surtout les femmes
Près de la moitié des sans-domicile en emploi sont à temps partiel. C’est plus souvent le cas des femmes (63 % contre 37 % pour les hommes) ; le taux de temps partiel chez les femmes sans domicile est ainsi deux fois plus élevé que dans l’ensemble de la population féminine. Occupant des emplois peu qualifiés, souvent à temps partiel, les sans-domicile qui travaillent perçoivent également de faibles rémunérations : 85 % d’entre eux touchent moins de 1 200 euros par mois et 60 % moins de 900 euros.
Le coût ou l’absence de transport, premiers obstacles à l’emploi
La plupart des sans-domicile au chômage (77 %) connaissent de nombreuses difficultés dans leurs recherches d’emploi. L’absence ou le coût du transport sont les deux principaux obstacles auxquels ils sont confrontés. Viennent ensuite les frais liés aux recherches d’emploi (correspondance, téléphone, Internet, magazines spécialisés). Un quart mentionne le manque de vêtements convenables pour aller voir un employeur. Un tiers des sans-domicile indique aussi spontanément être empêché par des problèmes de santé, une mauvaise maîtrise de la langue, des difficultés pour écrire ou lire, ou par le manque de formation ou d’expérience professionnelle. Par ailleurs, peu d’entre eux (40 %) sont titulaires du permis de conduire, ce qui les limite dans leur recherche d’emploi.
Un tiers au RSA
Le Revenu de solidarité active (RSA) est le principal revenu déclaré des sans-domicile (30 %) suivi par les revenus du travail (25 % des sans-domicile). Viennent ensuite les allocations chômage (8 %), l’allocation adulte handicapé (7 %) et pour 15 % de sans-domicile d’autres prestations sociales (minimum vieillesse, allocations familiales…).

































