Un nouveau test rapide de détection de la tuberculose permettrait d’améliorer le diagnostic de la maladie et la mise en route du traitement, selon une étude rendue publique le 28 octobre, dans la revue médicale britannique The Lancet.

Ce nouveau test diagnostique permet en effet de détecter le bacille de Koch, la bactérie responsable de la tuberculose, en moins de deux heures, contre plusieurs semaines pour la méthode traditionnelle qui combine l’observation microscopique des crachats et une radiographie du thorax. Il permet de détecter également la résistance à la rifampicine, le principal traitement antituberculeux actuel, et a reçu le feu vert de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en 2011 pour tester des patients séropositifs ou susceptibles de développer une tuberculose résistante.

Pour mesurer l’efficacité du test rapide en « situation réelle », des chercheurs dirigés par le Pr Keertan Dheda, de l’Université du Cap en Afrique du sud, ont soumis un premier groupe de quelque 700 personnes suspectées d’avoir la tuberculose au test rapide et un second groupe de 700 malades potentiels à l’observation microscopique des crachats.

Résultats : le test rapide s’est avéré plus efficace pour diagnostiquer les cas de tuberculose confirmés ensuite par une culture positive, en repérant 83% d’entre eux contre seulement 50% détectés grâce au prélèvement des crachats.
Il a également permis de débuter plus rapidement un traitement soit 52% dès le premier jour contre 35% et de réduire de moitié le nombre de patients tuberculeux abandonnant leur traitement (8% contre 15%).
Toutefois, malgré des traitements instaurés plus tardivement et moins bien suivis dans le second groupe, l’évolution de la maladie était globalement la même, deux et six mois plus tard.

La tuberculose reste la maladie infectieuse la plus meurtrière au monde après le sida

Pour le Pr Dheda, le test, qui nécessite l’utilisation d’un robot sophistiqué et coûteux, pourrait être utile dans un pays comme l’Afrique du Sud qui possède une infrastructure sanitaire convenable, où les cas de tuberculose résistante sont importants et où les malades adhèrent mal aux traitements.

Un millier de robots GeneXpert – développés par un laboratoire américain avec des soutiens financiers associatifs – sont déjà opérationnels dans le monde, selon l’Association Médecins sans Frontières qui a contribué à les introduire dans plusieurs pays africains ou asiatiques.

Selon le rapport annuel de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur la tuberculose, la maladie qui a tué 1,3 million de personnes en 2012 dans le monde, a reculé pour la 3e année consécutive.  8,6 millions de personnes ont contracté le bacille en 2012 (dont 1,1 million également contaminé par le virus du sida), contre 8,7 millions l’année précédente, soit une baisse de 45 % depuis 1990. Toutefois la tuberculose demeure un « problème de santé majeur », selon l’OMS et l’une des maladies infectieuses les plus meurtrières au monde, en seconde position juste après le sida.