Un médicament contre l'alcoolisme bientôt autorisé en France ?

L’Agence européenne du médicament vient d’autoriser la mise sur le marché d’un médicament contre la dépendance à l’alcool. Selon une étude sur 2000 patients conduite pendant six mois, le Selincro, c’est son nom, réduirait l’envie irrépressible de boire dans 60% des cas. Pour l’heure, la France n’a pas encore donné son feu vert à sa commercialisation. En effet, compte tenu de la courte durée de l’essai clinique réalisé, des études supplémentaires ont été demandées pour mieux évaluer le rapport bénéfices-risques de cette nouvelle molécule, et notamment les effets indésirables qui peuvent survenir au-delà de six mois et lorsque le produit est combiné avec d’autres médicaments. Des nausées, des coups de fatigue ont été observés chez 10 à 15% des patients dans les premiers jours de traitement.

Les espoirs du Baclofène

Actuellement, en France, la seule alternative au sevrage pour les patients alccoliques est le Baclofène. Ce médicament, traditionnellement utilisé comme myorelaxant dans les troubles neurologiques, a été révélé en 2008 dans le livre du Dr Olivier Ameisen, « Le Dernier Verre ». Depuis, une étude sur cent patients, menée par le Dr Beaurepaire, psychiatre à l’hôpital Paul-Guiraud à Villejuif, a montré qu’au bout de deux ans, 62% d’entre-eux étaient devenus indifférents à l’alcool. En mai 2012, une autre étude, appelée Bacloville, sur 320 patients suivis pendant un an, a démarré pour estimer l’efficacité du Baclofène comparé à un placebo. Les résultats seront connus avant l’été 2013. Une troisième étude d’observation a commencé en décembre dernier. Si ses conclusions sont positives, le Baclofène pourrait enfin être indiqué contre l’alcoolisme et remboursé par l’Assurance maladie. Aujourd’hui, en effet, la prescription du Baclofène n’est pas généralisée. Si environ 500 médecins le prescrivent déjà dans le traitement de l’alcoolisme, elle n’est autorisée qu’«  au cas par cas  » par l’Agence nationale de sécurité du médicament depuis le 24  avril 2012. On estime qu’en France l’alcool tue directement ou indirectement 40 000 personnes par an.

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