Dans un ouvrage à paraître le 21 mai prochain au Royaume-Uni,  The Body Economic : Why Austerity Kills, deux chercheurs accusent les politiques d’austérité menées en période de récession d’être responsable de la mort de millions de personnes.

On ne peut pourtant pas taxer les deux hommes de « gauchistes ». David Stuckler est professeur à l’université d’Oxford au Royaume-Uni et Sanjay Basu, épidémiologiste à l’université de Stanford, aux Etats-Unis.

David Stuckler avait déjà publié dans les très sérieuses revues médicales The Lancet et British Medical Journal les résultats de recherches qui établissent une corrélation entre l’augmentation des taux de suicides dans certains pays européens et l’austérité. Il a ainsi recensé plus de 10 000 cas de suicides directement imputables à la crise en Europe et aux Etats-Unis depuis 2008.

Explosion du Sida, des dépressions, retour des maladies de la pauvreté, si l’Europe s’enfonce dans la crise, ce sont, selon les chercheurs, les politiques d’austérité appliquées pour répondre à la crise qui déclenche de véritables épidémies sanitaires et sociales.

« Nos dirigeants politiques doivent prendre en compte les conséquences graves sur la santé de leurs choix économiques », écrit David Stuckler.

A l’appui de leur thèse, les deux auteurs reviennent sur cent ans de politique économique à travers le monde et insistent sur l’impact potentiellement mortel des plans d’austérité avec leurs lots de coupes budgétaires dans le secteur social et de la santé en période de récession.
Ils en appelent à un new new deal à l’image de la politique menée en Islande et en Suède  estimant qu’au lieu de réduire les budgets sociaux, les Etats doivent investir davantage dans le social « un euro dépensé dans ces secteurs, ce sont trois euros de plus pour l’économie ».

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