« Un financement juste et équitable faisant appel à la solidarité nationale »

Pascal Champvert est le président de l’association des directeurs d’établissements d’hébergement pour personnes âgées (Adehpa)
Quel serait selon vous le meilleur modèle pour la prise en charge de la dépendance ?

Un bon modèle est avant tout celui qui porte un bon titre. Parler de prise en charge de la dépendance est déjà une formulation idéologique. C’est dire « les vieux sont un poids. Ils coûtent cher ». Je préfère parler de prestations pour l’autonomie des personnes fragiles.

Que proposez vous ?

Je suis favorable à la convergence de l’aide aux personnes âgées avec celles destinées aux personnes handicapées. Mais ce n’est pas une hypothèse de travail du gouvernement. Dont acte.

Pour autant les professionnels du secteur réclament plus de personnel aussi bien en établissement qu’à domicile. Un rapport de la Cour des comptes dès 2005 est clair: les besoins des personnes âgées ne sont couverts qu’à 50 %.

Il faut faire en sorte que les familles arrêtent de s’épuiser physiquement et financièrement. Le coût d’une maison de retraite est de 2 200 euros par mois alors que le revenu moyen des retraites est de 1 100 euros. Les services à domicile sont de plus en plus chers alors les familles diminuent les heures et prennent sur elles.

Qui va financer ?

Dans tous les cas, ce sera les Français. La question est de savoir si on veut faire en sorte que ce financement soit juste et équitable en faisant appel à la solidarité nationale – tout le monde cotise – ou si l’on laisse les familles se débrouiller.

Je suis pour ma part un fervent défenseur d’un socle de solidarité de haut niveau et totalement opposé à un recours sur succession. Les familles concernées seraient alors frappées d’une double peine. Non seulement elles seraient confrontées à la dépendance mais en en outre spoliées de leur héritage.

Quand une personne âgée a un problème cardiaque, elle est hospitalisée, soignée, couverte par la Sécurité sociale. On ne lui demande pas d’entamer son patrimoine. Pourquoi pénaliser les malades d’Alzheimer ou les très vieilles personnes ? En terme de justice sociale, c’est inadmissible.

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