L’Association nationale de défense des victimes de l’amiante (Andeva) organise depuis plusieurs années une manifestation nationale à la mi-octobre pour mettre en avant les droits de victimes, réaffirmer la volonté de voir juger en pénal, en France, les responsables des centaines de morts dues à la fibre cancérigène, largement utilisée dans notre pays jusqu’en janvier 1997.

L’édition 2012 sera marquée deux journées, les 12 et 13 octobre, dont la première sera consacrée à un colloque international pour exiger l’interdiction mondiale de l’amiante.

De très nombreux médecins, chercheurs, responsables associatifs sont ainsi attendus à Paris, le 12 octobre, au palais du Luxembourg. « Au Canada et au Québec, le mouvement s’amplifie pour que la production d’amiante s’arrête ainsi que l’exportation du mal », explique Alain Bobbio, secrétaire national de l’Andeva. «Le corps médical s’implique beaucoup dans ce mouvement , poursuit le responsable associatif, et la délégation canadienne au colloque que nous organisons sera importante, avec notamment, le Pr Fernand Turcotte. »

Des Brésiliens, des Espagnols, des Italiens, des Belges sont attendus pour ce qui s’annonce être un événement. Australiens, Américains et Indiens sont également annoncés.

« Ça bouge un peu partout dans le monde, remarque Alain Bobbio. 54 pays ont interdit l’amiante chez eux mais le volume d’amiante exporté augmente encore ». La lutte contre cette fibre mortelle n’est donc pas terminée.

Le responsable de l’Andeva, qui s’est aussi beaucoup impliqué dans la parution, en France, de l’ouvrage de Giampiero Rossi, Eternit, la fibre tueuse, revient sur les enjeux des comparutions, lors de procès en pénal, des responsables de cette catastrophe sanitaire et environnementale, dans le monde entier.

« L’indemnisation des victimes, c’est une chose. Mais elle ne peut remplacer la condamnation, qui aide réellement les familles à faire le deuil. On ne peut laisser tous ces drames impunis. Après la condamnation à Turin, de Stephan Schmidheiny et de Jean-Louis de Cartier de Marchienne, le blanchiment de six directeurs d’Eternit, en France, avait été reçu comme quelque chose de très violent. L’annulation par la cour de Cassation a redonné de l’espoir, mais à deux conditions : que l’on donne de réels moyens d’enquêter au pôle de santé publique, à Paris, en charge du dossier. Mais aussi, que soit revu notre Code pénal, fort incomplet pour ce type de délit d’envergure, à la fois sanitaire et environnemental. »

Programme du colloque sur le site www.andeva.fr