Pour la première fois, en France, le cancer des ovaires d’une salariée a été reconnue maladie professionnelle par un Comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles.

Liliane a travaillé pendant plus de 20 ans chez Deville, une entreprise de fabrication de chaudières et de différents moyens de chauffage. En coupant des cordons d’amiante, elle a respiré des fibres cancérogènes. Elle est morte en 2010 d’un cancer des ovaires. 

« Beaucoup de gens savent aujourd’hui que les fibres d’amiante causent des cancers du poumon ou de la plèvre. Mais peu  savent que ces fibres  circulent dans l’organisme non seulement par le système respiratoire, mais aussi par le système digestif ou le système lymphatique. Elles peuvent ainsi causer des cancers extra-pulmonaires tels que le cancer des ovaires», explique le communiqué de l’ANDEVA, qui défend les victimes de l’amiante.

Le dossier s’annonçait périlleux car le cancer des ovaires n’est inscrit dans aucun tableau de maladie professionnelle ; il ne pouvait donc être reconnu que par un Comité régional de reconnaissance des maladies professionnelles (CRRMP) dans le cadre du système complémentaire. 

Après un premier refus, la famille de Liliane a saisi le tribunal des affaires de la Sécurité sociale des Ardennes. Son recours s’est appuyé sur l’avis rendu par le Centre International de Recherche sur le cancer (CIRC), qui après avoir réuni 27 scientifique de 8 pays, a considéré que «des preuves suffisantes existent désormais pour montrer que l’amiante cause des cancers du larynx et des ovaires ».

Le CRRMP Nord – Pas-de-Calais – Picardie, région dont dépend la salariée, a considéré que  «l’exposition à l’amiante est certaine» de 1966  à 1980 et a considéré qu’ « il convient de retenir un lien direct et essentiel entre l’affection présentée et l’exposition professionnelle ».

Le tribunal des affaires de la Sécurité sociale s’est finalement prononcé en faveur de la prise en charge de la maladie. Une décision importante, non seulement parce que c’est une première, mais parce qu’elle « rend justice aux souffrances de Liliane et de sa famille », selon l’ANDEVA qui demande que le cancer des ovaires et le cancer du larynx soient inscrits sans délai dans le tableau des maladies professionnelles liées à l’amiante.