Une centaine de personnes ont participé, le 19 novembre à la Maison des associations de Laleu, à La Rochelle, à un café santé sur le thème de l’amiante et des produits toxiques, organisé par la Mutuelle des cheminots de Nantes, la Mfbco (MSanté Bretagne-Centre-Océans), la Mutuelle des industries électriques et gazières (Mutieg) [ex-Cmcas] et les associations de défense des victimes de l’amiante (l’Andeva et l’Addeva 17).

La présence de dockers, de retraités des chantiers navals, de cheminots montrait bien qu’il s’agit d’un thème fédérateur : nombre de salariés et de retraités d’entreprises de la région (chantiers navals, Alstom, Edf-Gdf) souffrent de maladies professionnelles dues à l’exposition à des produits cancérogènes.

Au cours du débat, Claude Fabien et Jacques Sourie, pour l’Addeva 17, et Georges Arnaudeau, pour Allô-amiante, ont rappelé le rôle primordial des associations et de leurs actions collectives. Ils ont souligné que la bagarre autour de l’amiante, dont l’usage en France est interdit depuis 1997, doit servir d’exemple en matière de prévention, de suivi post-professionnel, de reconnaissance de maladie professionnelle et de réparation.

En effet, près de 3 millions de salariés sont toujours exposés, dans le cadre de leur travail, à des produits cancérogènes, mutagènes et toxiques pour la reproduction (Cmr).

Alain Carré, ancien médecin du travail à Edf, a expliqué en quoi consiste le suivi médical post-professionnel et son importance. Maître Michel Ledoux, quant à lui, est revenu sur la faute inexcusable de l’employeur et sur le Fiva (Fonds d’indemnisation des victimes de l’amiante).

Fiches et attestations d’exposition sont très importantes, ont rappelé les intervenants. D’autant que subsiste une grave anomalie : toute personne en activité qui est ou a été exposée à l’amiante bénéficie d’un suivi médical. Mais dès qu’elle part à la retraite, elle doit faire une demande expresse de suivi médical. Cela signifie que des milliers de retraités ne sont plus suivis.

De nombreuses questions ont été posées, notamment sur la médecine du travail, la manière de se procurer les attestations d’exposition, les étapes de la reconnaissance de la maladie professionnelle. Les personnes présentes ont dénoncé la longueur des procédures, si éprouvantes, et le fait que les plaintes au pénal n’aboutissent pas toujours.

Etienne Sicard