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Truvada : un succès trop tardif

L'Igas a dévoilé cette semaine son rapport sur l'usage du Truvada dans la prévention du Vih. Si sa mise sur le marché en France a été bien réalisée, les délais avant son autorisation ont été anormalement long.

La France a été la première en Europe à autoriser en 2016 le Truvada. Celui-ci permet à une personne séronégative de se protéger contre une éventuelle contamination au moins deux heures avant un rapport sexuel à risque. Ce médicament est appelé Prep (prophylaxie pré-exposition). Mais d'après les inspecteurs de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas), sa mise à disposition aurait pu être beaucoup plus précoce. En effet, les délais d'instruction de la recommandation temporaire d'utilisation (Rtu) par l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (Ansm), se sont avérés très longs. 

Des victimes auraient pu être évitées

Selon les estimations contenues dans le rapport de l'Igas prenant en compte « une montée en charge progressive du dispositif, le nombre de contaminations liées au délai de décision serait d’environ 350 ».

L'Igas estime, dans son évaluation, que la mise en place de la Rtu est « satisfaisante ». Le Truvada est donc un outil de prévention du Vih majeur car il est complémentaire à l'usage du préservatif qui n'est pas efficace à 100 %, que ce soit pour les hétérosexuels et encore plus chez les hommes ayant des rapports homosexuels, rapelle le rapport de l'Igas.

Parcours du combattant

Malgré la Rtu mise en place en France, qui a fait gagné sept mois par rapport à la mise sur le marché européenne du Truvada, l'instruction a duré 35 mois, soit 20 mois de plus qu'une instruction habituelle, enseigne l'Igas. 

Suite à l'autorisation du médicament par les Etats-Unis en 2012, l'association Aides a saisi, en 2013, l'Ansm afin que la France fasse de même. Mais la prise de retard avait débuté avant même le commencement de l'instruction puisque le laboratoire Gilead, détenteur du brevet, a demandé un délai supplémentaire à l'Ansm dans la transmission des données nécessaires. 

Malgré la relance, en 2014, de Aides et de la ministre de la Santé Marisol Touraine, l'Ansm n'a engagé aucun acte pour l'instruction qui n'a débuté réellement qu'en octobre 2014 et s'est terminée en janvier 2016.

Anastasia Chauchard

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