Bonne nouvelle pour les abeilles : à partir du 1er juillet, trois pesticides jugés mortels pour elles seront interdits dans l’Union européenne. Quinze Etats, dont la France et l’Allemagne, ont voté pour l’interdiction, le Royaume-Uni, l’Italie et la Hongrie ont voté contre.

La décision de la Commission européenne est mise en place pour deux ans et concerne les cultures de maïs, colza, tournesol et coton.

Les pesticides utilisés dans l’agriculture intensive pourraient, en effet, être en cause dans la disparition des abeilles constatée ces dernières années, surtout en Amérique du Nord et en Europe. Depuis 1995, la France en perd environ un tiers de ses abeilles tous les ans.

Selon un récent rapport de Greenpeace, « certains insecticides, en particulier ceux de la famille des néonicotinoïdes, sont systémiques, c’est-à-dire qu’ils ne restent pas à la surface de la plante mais se propagent dans leur système vasculaire ».

Les dégâts sur les abeilles sont multiples : diminution des capacités de butinage (les abeilles sont désorientées et n’arrivent plus à retrouver le chemin de la ruche), détérioration du processus d’apprentissage (les abeilles perdent notamment leur odorat, essentiel pour elles), augmentation de la mortalité et troubles du développement.

Or, les abeilles sont des pollenisateurs : elles transportent le pollen des fleurs qu’elles butinent sur le pistil d’autres fleurs, ce qui permet aux espèces végétales sauvages de se reproduire et nous permet de manger. Les insectes pollinisent environ un tiers des cultures, surtout des fruits et des légumes. « Sans eux, notre productivité agricole serait bien moindre et jusqu’à 75 % de nos récoltes subiraient une baisse de rendement », estime Greenpeace.

L’Ong estime que sept pesticides particulièrement nocifs pour les abeilles devraient être interdits.

L'association d'information et d'alerte sur les pesticides Générations futures « se félicite que l’Allemagne ait voté avec la France pour obtenir cette interdiction. La Commission va maintenant pouvoir, comme elle l’a annoncé, retirer les autorisations d’usage de ces trois insecticides, a déclaré son porte-parole, François Veillerette. Nous espérons qu'à terme tous les usages de ces insecticides seront interdits et qu'on interdira également prochainement les deux autres néonicotinoïdes dangereux : l'acétamipride et le thiaclopride ».