Notre pays vient de vivre deux à trois jours de fortes chaleurs. Un phénomène maintenant récurrent dans toute l’Europe, depuis les épisodes caniculaires de 2003 puis 2006. Et si, suite à ces canicules, l’on a beaucoup parlé, à juste titre, de précautions à prendre pour les personnes âgées, les situations de travail, elles, sont moins sujettes à recommandations. Et pourtant….

On estime qu’en France, en 2003, au minimum une quinzaine de décès ont été directement imputables aux fortes chaleurs subies au travail. Une thématique encore souvent absente dans les documents uniques que doivent tenir à jour régulièrement les employeurs. Avant un nouvel épisode de forte chaleur, il est bon de revisiter ce qui devrait se faire. Mais n’est bien souvent déjà pas inscrit dans les textes légaux. Aussi bien en France que dans d’autres pays européens.

La grande absente des textes règlementaires

Au travail, la température corporelle de l’homme doit rester constante (homéothermie), quel que soit son environnement thermique. Si l’organisme n’est pas préparé (il faut compter au minimum huit jours pour un acclimatement à de fortes températures), si des précautions ne sont pas prises, les risques pour la santé peuvent ne pas être anodins. Aussi bien pour la santé physique que mentale. Pouvant aller jusqu’au “coup de chaleur”, risque extrême puisqu’il met en jeu le pronostic vital : le coup de chaleur est mortel dans 15 à 25% des cas.

Cependant, en regardant de près les textes légaux, on se rend compte que, dans très peu de pays d’Europe, les fortes chaleurs font l’objet de textes règlementaires. C’est le cas en Espagne, où les chaleurs estivales sont très fréquentes mais aussi en Allemagne, bien que le climat y soit plus tempéré, ainsi qu’en Belgique, dans le Luxembourg, et en Italie. Le Luxembourg a renforcé ses recommandations depuis juillet 2006, dernier épisode caniculaire recensé.

En France, aucun texte légal ne fait référence explicitement aux fortes chaleurs au travail. Seules deux directives s’appliquent, concernant les mesures de prévention à mettre en œuvre par les employeurs sur l’évaluation des risques, l’information et la formation des salariés en matière de santé et sécurité au travail.

Zéro pointé, au niveau communautaire

Il en est de même au niveau communautaire. Dans l’Union européenne, aucun texte légal n’appuie ce qui ne reste que de simples recommandations dans quelques états, lorsqu’elles existent. Une tendance qu’Eurogip, organisme de l’Assurance-maladie spécialisé sur les thématiques de santé et travail au niveau européen, a constaté dans tous les pays, en condensant ce qui se fait en Europe. C’est peu de choses. Cela tient en quelques pages.

On y remarque notamment que seuls quelques états, à l’instar de l’Allemagne, ont ne serait-ce que fixé une température maximale à ne pas dépasser dans les lieux de travail (26° en Allemagne). Les horaires de travail, eux, ne sont en général pas adaptés à ces fortes chaleurs, sauf en Espagne.

Pour retrouver toutes les recommandations précises, voir le dossier consacré par l’Inrs
à ce sujet.

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