Tranquillisants : les Français sont accros

Dans un état des lieux sur la consommation des benzodiazépines en France, publié le 8 janvier, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) alerte sur les quantités importantes d’anxiolytiques et de somnifères consommés pendant une durée « souvent trop longue ».

L’ANSM rappelle que les benzodiazépines sont des molécules qui agissent sur le système nerveux central et qui possèdent des propriétés calmantes, hypnotiques, myorelaxantes et anticonvulsivantes. Pris trop longtemps, ces tranquillisants entrainent une accoutumance et un risque de dépendance.

En 2012, 22 benzodiazépines étaient commercialisées dans notre pays et 130 millions de boites de médicaments contenant des benzodiazépines ou apparentés ont été vendues, ce qui représente près de 4% de la consommation totale de médicaments.

La même année, 11,5 millions de Français ont pris au moins une fois une de ces molécules ; 22,2% en prennent deux simultanément ou non. Les consommateurs sont âgés en moyenne de 56 ans et sont des femmes pour les deux-tiers. Une femme sur trois de plus de 65 ans est accroc à un anxiolytique et une femme sur cinq à un somnifère.

Xanax, Lexomyl, Stilnox… en tête

L’alprazolam (Xanax) est le médicament le plus consommé suivi du zolpidem (Stilnox) et du bromazépan (Lexomyl), 90% des benzodiazépines sont prescrits par des médecins généralistes. Selon les recommandations, leur utilisation ne doit pas excéder trois mois maximum, or, elle avoisine plutôt les quatre à cinq mois sur une année. « Une proportion importante de patients les utilise en continu sur plusieurs années », pointe l’ANSM.

Cette dernière rappelle que les benzodiazépines exposent à des risques « neuro psychiatriques » ainsi qu’à des « risques d’abus et de pharmacodépendance », entrainant des difficultés pour se sevrer. Ils augmentent également significativement les risques d’accidents de la route et, chez les personnes âgées, les chutes et les troubles de la mémoire. Certains travaux font même état d’un lien entre ces substances et la survenue d’une démence.

Dans le courant 2014, les autorités sanitaires proposeront un plan d’action pour mieux encadrer ces prescriptions et enrayer le phénomène de banalisation aussi bien chez les médecins que chez les patients.

 

A SAVOIR :

Entre 2012 et 2013, trois benzodiazépines ont fait l’objet de mesures particulières : le clonazépam, pour lequel des conditions d’accès restreintes ont été mises en place en France, le flunitrazépam qui a été retiré du marché français pour des raisons commerciales, le tétrazépam dont la réévaluation du rapport bénéfice-risque, initié par la France, a abouti à son retrait du marché en Europe en juillet dernier.