Toxicité des Ogm et des pesticides : le Pr Séralini persiste et signe

En février 2012, le biologiste Gilles-Eric Séralini publiait dans la revue Food and Chemical Toxicology la première étude sur les effets à long terme des Ogm sur des rats nourris avec du maïs transgénique tolérant à l’herbicide Round Up NK 603, le plus utilisé au monde.

Les résultats indiquant une atteinte des reins, du foie, des pertubations métaboliques et montrant un excès de mortalité chez les femelles ayant consommé le maïs transgénique avaient fait d’autant plus de bruit qu’ils étaient accompagné de photos révélant des rats de laboratoire avec des tumeurs presque aussi grosses qu’eux.

Conflit d’intérêt

Remettant en cause sa méthodologie, l’étude a été retirée de publication en décembre 2013 au motif selon le rédacteur en chef, qu’elle n’était pas conclusive. Mais ce dernier reconnaît qu’il n’y a « ni fraude ni mauvaise interprétation intentionnelle » de la part de son auteur, critères qui justifient le plus souvent un retrait.

Lors d’une conférence de presse, organisée mardi 24 juin, le Pr Séralini a annoncé qu’elle était republiée dans une autre revue, Environmental Sciences Europe. Selon lui, le retrait de son étude est lié à l’embauche au sein de la Food and Chemical Toxicology d’un « éditeur assistant pour les biotechnologies », Richard Goodman, ancien employé de la firme Monsento commercialisant les deux produits incriminés, le maïs NK603 et le Roundup.

Transparence scientifique

La nouvelle version, accessible en ligne, est enrichie de nouveaux résultats dont les données brutes sont rendues publiques. « Ce que l’industrie s’est toujours refusée de faire au nom du secret industriel ou de la propriété intellectuelle », souligne le Criigen (Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique).

Et d’ajouter « Il s’agit de restaurer ces travaux scientifiques afin que la science puisse reprendre ses droits face aux pressions de l’industrie cherchant à effacer les lanceurs d’alerte de la mémoire collective ».

Pesticides toxiques

En février 2014, le Pr Séralini avait publié deux autres études montrant que sur 9 pesticides analysés, 8 étaient plus toxiques que ce qui était testé et déclaré par les producteurs. « Les résultats montrent que les formulations commerciales des pesticides testés in vitro sont jusqu’à 1000 fois plus toxiques que leurs « principes actifs » seuls, sans les adjuvants de formulation alors considérés inertes et le plus souvent gardés confidentiels par les industriels ».