« Dans le climat actuel de suspicion, nous avons décidé de retirer la recommandation sur Alzheimer pour lever les doutes », explique le Pr Jean-Luc Harousseau, nouveau président de la Haute autorité de santé (Has). Comme le rapporte le Figaro, la maladie d’Alzheimer ne fait plus l’objet de recommandations officielles aux médecins depuis quelques jours. En cause, de potentiels conflits d’intérêt.

Fin 2009, le Formindep, association de 200 médecins pour une « formation médicale indépendante », a déposé un recours en Conseil d’État au sujet des recommandations pour le diabète et Alzheimer. Selon l’association, les recommandations se feraient sans respecter la législation et les règles de gestion des conflits d’intérêts. Elle a ainsi relevé que 3 des 24 experts du groupe de travail sur la maladie d’Alzheimer n’avaient pas déclaré leurs liens d’intérêts, et que, sur les 22 l’ayant fait, 11 ont des liens « étroits » avec des laboratoires fabriquant des médicaments anti-Alzheimer. « Je n’ai même pas cherché à savoir s’il y avait des conflits d’intérêts », a déclaré le Pr Jean-Luc Harousseau en annonçant le retrait de la recommandation sur Alzheimer. Les médicaments vont être réévalués par la Commission de la transparence en juillet, qui décidera s’ils continueront à être remboursés ou pas.

« Le débat sur les médicaments anti-Alzheimer n’est pas vraiment nouveau », rappelle le Figaro. Aujourd’hui, quatre molécules sont autorisées, qui sont prises par 30 à 60 % des malades (les chiffres diffèrent selon les études). Or « les effets sur les symptômes sont limités et aucun de ces produits n’a pu prouver qu’il ralentit la progression de la maladie ». La revue Prescrire a même parlé à plusieurs reprises d’effets indésirables, voire mortels.

La Commission de la transparence qualifie l’apport de ces médicaments de « modeste », mais a maintenu leur remboursement « compte tenu de la gravité de la maladie d’Alzheimer et du possible rôle structurant du médicament dans la prise en charge globale de la maladie ».

Leur prise en charge coûterait entre 135 (d’après le Figaro) et 200 millions d’euros (d’après l’Assurance-maladie).

Début mai, la Haute autorité de santé avait abrogé ses recommandations au sujet du diabète de type 2 après une décision du Conseil d’État. Là encore pour des questions de gestion de conflits d’intérêts des experts.