Quelles sont les causes d’un mauvais sommeil chez l’enfant ? Quelles répercussions sur l’humeur, le comportement, les capacités d’apprentissage et le métabolisme ? Quelle est l’importance, de la période néonatale, des rythmes de coucher et surtout de lever réguliers pour la mise en place d’un bon sommeil pour toute la vie ?

Les docteurs Thirion et Challamel, pédiatres font le point sur ce sujet dans leur dernier ouvrage et répondent aux questions les plus courantes que les parents se posent.
Le docteur Challamel, pédiatre, répond à nos questions.

Les troubles du sommeil chez l’enfant, sont-ils plus fréquents aujourd’hui qu’il y a 20 ou 30 ans ?

Oui, mais nous ne possédons pas d’études précises qui nous permettent de l’affirmer. Ce que l’on sait c’est que les enfants ont perdu en trois décennies 1 à 2 heures de sommeil. Cette diminution du temps de sommeil est due à des couchers qui sont devenus de plus en plus tardifs.

En revanche, il semble que les difficultés de sommeil restent assez identiques :
– difficultés d’endormissement et éveils nocturnes chez l’enfant de moins de 5 ans : environ 30% des enfants de moins de 5 ans ont, ou ont eu pendant plus de 3 mois de telles difficultés.
– chez le préadolescent et surtout l’adolescent, les difficultés d’endormissement avec parfois chez l’adolescent de véritable « retard de phase » et une impossibilité de s’endormir avant 1 ou 2 heures du matin, sont plus fréquentes. Ces difficultés sont souvent en relation avec l’usage immodéré des nouveaux medias : internet, jeux vidéo, téléphone cellulaire…

Le mode de vie des parents a-t-il un impact important sur le sommeil de l’enfant ?

Bien sûr, l’anxiété, le stress parental, leur non disponibilité retentissent très vite sur leur relation avec l’enfant. Ces parents-là qui se sentent souvent coupables auront des difficultés à dire non, à mettre des limites à l’enfant.

Quel est la place des médicaments ?

Les pédiatres prescrivent actuellement beaucoup moins de somnifères qu’avant, certains parents en demandent encore. De toute façon aucune médication pour le sommeil n’a reçu d’autorisation de mise sur le marché chez l’enfant. Les somnifères ne devraient jamais être prescrits en première intention et leur prescription devrait toujours être accompagnée par une prise en charge psychologique et/ou comportementale. La prise d’un médicament, d’un sirop pour dormir quel qu’il soit ne doit jamais être banalisée, il ne devrait être prescrit qu’exceptionnellement avant 2 ans.

Les adolescents ont souvent du mal à s’endormir, quels conseils donneriez-vous ?

Pour faciliter l’endormissement du soir des adolescents :

– Essayer de terminer le travail scolaire avant le repas du soir (ou le plus tôt possible)
– Ne pas dormir dans la journée
– Limiter les boissons riches en caféine
– Faire disparaître les tentations électroniques de la chambre : télé, ordinateur, téléphone
– Lire avant le coucher ou faire de la relaxation
– Se lever presque tous les jours à la même heure, même si l’on se couche tard le WE (pas de décalage de plus d’une à 2 heures entre semaine et weekend)
– Prendre un petit déjeuner copieux
– S’exposer à la lumière naturelle dès le matin
– Faire de l’exercice physique plutôt le matin.

A lire

Le sommeil, le rêve et l’enfant, nouvelle édition, des docteurs Thirion, et Challamel, ed. Albin Michel, 17,50 euros.