Dépassements d’honoraires, en veux tu en voilà, reste à charge trop élevé malgré l’intervention des complémentaires santé, remboursements de la part Sécurité Sociale insuffisants, voir nuls, les soins dentaire font l’objet de «pratiques tarifaires excessives» voire de «dérives inacceptables», souligne une étude publiée aujourd’hui par l’Observatoire citoyen des restes à charge en santé crée en 2013 par 60 millions de consommateurs, le CISS (collectif d’associations de patients) et Santéclair, filiale de plusieurs complémentaires santé. Résultat :  ce reste à charge particulièrement élevé en soins dentaires constitue la «principale raison de renoncement aux soins auquel déclare être confronté près du tiers des consommateurs».

Principaux soins incriminés : les prothèses : couronnes, bridge, inlay ou reconstitutions, qui en 2012 ont représenté 5 milliards d’euros de dépenses, dont un milliard seulement est remboursé par l’assurance maladie.

Le reste à charge du patient après remboursement par la Sécu s’élève à plus de 290 euros en moyenne par prothèse, avec des variations en fonction des départements : il ne baisse «quasiment jamais» en dessous de 200 euros et s’élève à  plus de 400 euros à Paris. Ce reste à charge peut être remboursé par les complémentaires mais «il est très difficile d’avoir une estimation précise de leur niveau de prise en charge global», souligne l’Observatoire.

Selon l’étude, les sommes demandées pour une couronne  dépassent 600 euros, alors que la prise en charge de l’assurance maladie n’est que de 75,25 euros. Pour la pose d’un implant, peu prise en charge par l’assurance maladie, le coût moyen est supérieur à 2 000 euros.

Pire, l’enquête démontre qu’il existe dans certains cas des solutions moins onéreuses. Les inlay-core, fabriqués par les prothésistes dentaires pourraient être remplacés par la reconstition “au fauteuil” et fabriqué par le dentiste lui même et pourrait réduire le coût pour le patient de 90 %

Syndicats et assurance maladie reconnaissent que les deux techniques se valent en termes de qualité des soins, mais les reconstitutions à tarifs libres se développent: «la situation a même empiré et on assiste à une réelle généralisation des inlay-core», souligne 60 millions de consommateurs.

En revanche, l’Observatoire constate que les soins courants (carie, dévitalisation, détartrage, etc.), dont les tarifs sont encadrés par l’assurance maladie, font peu l’objet de dépassements, en dehors de Paris qui représente 57% des dépassements constatés pour ce type de soins.

Autre secteur sur la sellette et terreur des parents :  les soins d’orthodontie. Ils ont représenté en 2012 plus d’un milliard d’euros, dont près de 80% constituent des dépassements d’honoraires, selon l’étude. Ce type de traitement, qui se pratique le plus couramment par semestre, est d’autant plus coûteux qu’il peut durer jusqu’à trois ans.

Les soins d’orthodontie sont facturés en moyenne 650 euros par trimestre, avec de fortes variations géographiques: près de 1 000 euros en moyenne à Paris contre 400 en Ariège. Or la Sécurité sociale rembourse 193,50 euros par semestre si le traitement débute avant 16 ans.