Sida : les antirétroviraux font reculer l'épidémie

Le sida recule, c’est la bonne nouvelle de la 20ème conférence internationale sur cette maladie qui se déroule à Melbourne, en Australie, depuis le 20 juillet. Une étude publiée dans The Lancet montre, en effet, que le traitement par les antirétroviraux a permis de sauver 19 millions de vies depuis 1996 dont 70% dans les pays en développement.

Dans le monde en 2013, le nombre de décès dus au virus a baissé de 11,8% et les nouvelles contaminations sont passées de 2,1 millions de cas en 2012 à 1,8 millions l’année dernière. Actuellement, 29,2 millions de personnes sont toujours porteurs du virus sur la planète mais la moitié ignore leur séropositivité.

19 millions de vies sauvées

« L’investissement global dans les traitements anti-VIH permet de sauver des vies à un rythme élevé », indique dans le communiqué du Lancet le Dr Christopher Murray, coordinateur d’une étude sur 188 pays réalisée par l’Institut américain IHME de l’Université de Washington aux Etats-Unis. Ainsi, le sida a légèrement reculé en Asie, en Amérique latine et aux Caraïbes.

Néanmoins, les chiffres sont à relativiser car l’accès aux antirétroviraux et la prévention anti-sida varient d’un pays à un autre. En Afrique subsaharienne, par exemple, seules 37% des personnes infectées sont traitées. Par ailleurs, l’épidémie fait plus de victimes que prévu aux Philippines. Elle continue aussi à faire des ravages en Afrique du Sud et au Nigeria.

Les antirétroviraux -ou trithérapie- ne permettent pas de guérir du sida mais ils diminuent considérablement la charge virale dans le sang jusqu’à la rendre indétectable, ce qui permet aux patients séropositifs de vivre quasi-normalement.  Chez les femmes enceintes porteuses du Vih, ils empêchent la transmission du virus à leurs bébés.

Depuis le début de l’épidémie dans les années 80, 78 millions de personnes ont été contaminées par le Vih et 39 millions sont mortes. L’Onusida s’est fixé comme objectif d’éradiquer la maladie en 2030.

 

PREVENTION A LA DEMANDE

En France, les antirétroviraux sont testés dans l’essai Ipergay, coordonné par l’ANRS (Agence nationale de recherche sur le sida). L’objectif : voir si une prophylaxie préventive prise par les populations à risques, en l’occurrence les homosexuels, est efficace. Le traitement repose sur l’utilisation de substances à base d’antirétroviraux sous forme de gels ou de comprimés par des personnes séronégatives n’ayant pas toujours des rapports protégés. L’originalité de l’essai est que les volontaires prennent les antiviraux « à la demande » à l’occasion de rapports sexuels. Les premiers résultats indiquent que les participants ont un bon niveau dobservance, les antirétroviraux ayant été détectés dans le sang de plus de 80% d’entre-eux.