Sida, des mécanismes de défenses immunitaires mieux compris 

Comment certains patients, infectés par le Vih, parviennent-ils à contrôler l’infection ? Les chercheurs tentent de répondre à cette question, alors que plusieurs études ont récemment fait état de « guérison fonctionnelle » chez plusieurs patients contaminés par le Vih.

On sait que le virus de l’immunodéficience humaine (Vih)  s’attaque aux cellules du système immunitaire et les détruit ou les rend inefficaces. Il mute pour échapper à l’immunité de son hôte en créant ce qu’on appelle un nouveau variant. Cependant, dans certains cas, le système immunitaire a la capacité de réagir pour contrôler ces pathogènes mutants.

La base moléculaire de ce processus n’était jusque ici pas encore bien établie. C’est ce que des chercheurs de l’Inserm sont parvenus à élucider. Leurs travaux, publiés dans la revue Immunity et qui ont reçu le soutien de l’Anrs (Agence nationale de recherche sur le sida et les hépatites), permettent de mieux comprendre les mécanismes d’adaptations entre le système immunitaire et le Vih.

 

Mieux comprendre les mécanismes du Vih pour mettre au point un vaccin efficace

Victor Appay, directeur de recherche à l’Inserm 945 de l’université Pierre-et-Marie-Curie et ses collaborateurs de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, ont étudié les cellules de patients chez lesquels la réponse immunitaire s’est montrée efficace face au virus et à ses variants. Ces patients, tous issus de la cohorte Anrs Primo, ont été suivis depuis le diagnostic de primo-infection par le VihH. L’étude a porté plus précisément sur la réponse provoquée par les lymphocytes T CD8+. Chez ces patients, ces cellules étaient exceptionnellement préservées et fonctionnelles. En effet, elles sont parvenues non seulement à contrôler et à diminuer la réplication du Vih, mais également de ses variants, ce qui n’est pas le cas chez des patients qui développent la maladie.

Cette réponse immunitaire protectrice est possible grâce au recrutement de lymphocytes T CD8+ particuliers, appelés « cross réactifs ». Ils possèdent à leur surface un récepteur dont la structure leur confère la capacité particulière de reconnaître aussi bien le virus non muté que ses variants mutés.

Cette découverte offre le premier éclairage précis du contrôle du Vih par certains lymphocytes T CD8+. Et permet ainsi une meilleure compréhension des déterminants immunologiques à la base du contrôle de la réplication du Vih, essentielle pour le développement de futurs vaccins efficaces.