Scandale Pip : et pour quelques euros de plus

L’affaire des prothèses mammaires contenant un gel industriel prend chaque jour plus d’ampleur. Ainsi l’Afp (06/01/2012) rapporte que le fondateur de Poly Implant Prothèse (Pip), Jean-Claude Mas, fournisseur au cœur du scandale a admis en octobre dernier devant les enquêteurs qu’il savait que le gel de ses prothèses n’était pas homologué et qu’il avait donné l’ordre de cacher “tous les documents ayant trait au gel Pip non homologué, et concernant les containers, les employés se débrouillaient pour les faire disparaître”.

Selon un ex-cadre de Pip, il s’agissait tout simplement d' »augmenter sensiblement la rentabilité de l’entreprise », le gel maison Pip étant sept fois mois coûteux que le gel homologué. En fait le bénéfice n’aurait représenté que 10 euros par implant.

D’autres révélations faites par le Figaro inquiètent encore davantage. Un expert cité par le quotidien déclare que pour ce qui concerne les “dispositifs médicaux” dont les prothèses font partie “il y a des bombes un peu partout”. 20 % des dispositifs médicaux implantables actuellement en circulation n’ont pas bénéficié d’essais cliniques prouvant leur innocuité à trois, quatre ou cinq ans, selon Pierre Faure, chef du service de pharmacie à l’hôpital Saint-Louis (Paris) et président du comité des dispositifs médicaux pour l’AP-HP, interrogé par le quotiden.

En outre, ces dispositifs médicaux ne sont pas soumis à autorisation mais à une simple certification par un organisme, choisi par le fabricant dans une liste d’organismes proposée par les autorités de l’Union européenne.

De son côté, l’Afssaps a comptabilisé 1 143 ruptures de prothèses Pip et 495 réactions inflammatoires sur les 30 000 femmes porteuses de ces implants en France.

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