Santé mentale : la souffrance des soignants

Une étude consacrée aux risques psychosociaux menée dans les trois établissements publics de santé mentale (Epsm) du Nord sera présentée lors d’un colloque sur « les contraintes psycho-organisationnelles chez les personnels hospitaliers », organisé par la Smh, le 8 novembre à partir de 8 h 30 à la salle municipale de Bailleul.

« Nous constatons un mal-être croissant au travail et nous avons souhaité mieux cerner les difficultés à son origine », explique le Dr Benoît Deleplancque, médecin du travail à l’Epsm Lille-métropole d’Armentières, et auteur de ce rapport, avec ses confrères des Epsm de l’agglomération lilloise à Saint-André et des Flandres à Bailleul, et les psychologues du personnel de
ces établissements*.

« Nous avons développé des échelles graduées permettant de calculer le stress acceptable et le stress vécu. Même chose pour la violence, celle du patient et celle liée aux relations entre professionnels, précise-t-il. S’y ajoutent les questionnaires Karasek et Siegrist souvent utilisés pour évaluer les risques psychosociaux. 1 787 personnes au contact des patients (infirmiers psy, infirmiers diplômés d’Etat, aides-soignants, agents de service, médecins, orthophonistes, etc.) ont rempli ces documents.

Une première analyse des données fait ressortir des « populations à risques », c’est-à-dire plus exposées au stress et aux violences, et des « populations protégées ».

Cette étude a été transmise aux directions des établissements, aux médecins inspecteurs du travail, à l’agence régionale de santé, et présentée au congrès de l’Association internationale de psychologie du travail de langue française. Elle devrait permettre d’enrichir la réflexion lors du colloque, le troisième de la Smh sur la souffrance au travail.

* Les Drs Maryline Fabian et Jean-Louis Quiévreux, et les psychologues Isabelle Masurel, Michel Vandamme, Roxane Py, Marie-Jean Caby.