Le 12 mars, c’est la journée nationale de l’audition consacrée cette année aux jeunes

Dans le cadre de la 18e édition de la Journée nationale de l’audition, une enquête menée auprès de 600 jeunes de 13 à 25 ans est publiée. Elle témoigne que, pour les jeunes, « vivre dans le bruit» fait partie de leur quotidien. Ils considèrent même l’absence de bruit comme «anormale» et «angoissante». Les problèmes d’audition ? Ils ne se sentent absolument pas concernés : « C’est pour les vieux », estiment t-ils. Pourtant, avec l’utilisation des casques, la fréquentation des boîtes de nuit et des concerts, ils sont particulièrement à risque pour la détérioration de leur capital auditif.

Pour le Pr Hung Thai Van, chef de service audiologie et explorations oro-faciales à l’hôpital Edouard-Herriot de Lyon : « Une heure et demie d’écoute de musique à 80 % du son de son MP3 entraîne des dégâts irréversibles. Or on sait aujourd’hui que 60 % des jeunes écoutent de la musique plus d’une heure et 30 % d’entre eux à fond. On peut mesurer l’étendue du problème.»

La question est d’autant plus importante que cette génération vivra plus longtemps. Or, plusieurs enquêtes scientifiques ont démontré l’importance de la perte auditive dans le risque accru de développer des maladies dégénératives.

Selon l’enquête, 62 % des jeunes se disent informés sur quelques messages principaux de prévention : ne pas écouter trop fort la musique, pas trop longtemps, et porter des bouchons d’oreille en cas de bruit excessif, en particulier lors des concerts… Pour autant encore bien peu en mettent, car ils les considérent comme « ringards ».

Le Dr Didier Bouccara, médecin Orl, le confirme : «On voit de plus en plus de jeunes dans nos cabinets. Ils sont atteints d’acouphènes mais ils arrivent tardivement quand les symptômes sont ancrés.»

Même constat chez le Pr Hung Thai Van, qui reçoit également de nombreux jeunes atteints de  troubles centraux de l’audition : «Ces jeunes présentent un audiogramme normal, mais ils ont de grosses difficultés pour intégrer les sons et les paroles en milieu bruyant comme la salle de classe. Il y a aujourd’hui en France  15 % d’enfants dyslexiques, or on sait que la moitié d’entre eux sont atteints de troubles de l’audition.»

La prise en charge existe, en particulier en utilisant des micros en classe. L’oreille se rééduque également, chez l’orthophoniste mais grâce également à des logiciels que le jeune va utiliser vingt minutes par jour pendant quelques mois pour apprendre à repérer les sons.

 

Prévention : les jeunes sont pour
  • Un suivi régulier des capacités auditives
  • Une application sur smartphone pour leur indiquer tout dépassement du niveau de son acceptable
  • Des campagnes de communication choc, à l’anglo-saxonne.
  • Des distributions systématiques de protections auditives, mais en les rendant « plus funs » car, selon eux, les bouchons, ça fait « ringard »
  • Des explications par les professeurs de Svt et la médecine scolaire

Retrouvez la journée nationale au 0 810 20 02 19.