Numéro vert, cellule d’écoute, et autres « ticket psy » : ces démarches des directions d’entreprises lorsqu’elles ne peuvent plus nier la dimension collective de la souffrance au travail sont l’inverse de la prévention primaire. Car, en individualisant les problèmes, elles passent sous silence les causes qui sont directement liées à l’organisation du travail !

Or, selon le Code du travail, la mission première du médecin du travail consiste à « éviter toute altération de la santé des salariés du fait de leur travail ». C’est ce qu’a rappelé Alain Carré, médecin du travail, lors du deuxième « round » du forum sur la souffrance au travail, coorganisé par les agences de Tarbes et de Bayonne de la nouvelle mutuelle formée par l’ex-Mgts et l’ex-Mifpa, et la Cmcas (caisse d’action sociale Edf-Gdf) de Pau.

Le 2 décembre à Tarbes, puis le 16 à Pau, les débats ont abordé la prévention de la souffrance au travail et son droit à réparation. Le médecin du travail doit alerter l’employeur sur les dangers et les risques, proposer des aménagements de postes, voire des reclassements. S’il n’est pas entendu, il peut saisir l’inspection du travail.

Membre d’un comité d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail (Chsct) et administratrice à l’Institut national de recherche et de sécurité (Inrs), Jocelyne Chabert a abordé la prévention secondaire. C’est-à-dire les actions menées par les Chsct, qui doivent être force de proposition pour trouver des solutions.

Michel Ledoux, avocat spécialisé en santé au travail, a abordé le droit à réparation, au civil ou au pénal. Evoquant la jurisprudence récente, en particulier depuis 2002, il a montré que les tribunaux, au civil et au pénal, ne peuvent plus nier les problèmes de harcèlement moral et de maltraitance psychologique au travail.