Une voiture qui rend l’âme subitement, une réparation trop coûteuse, l’impossibilité d’investir ou de contracter un prêt : pour beaucoup de personnes, la mobilité reste un luxe. Or, dans certaines villes moyennes et plus encore en zone rurale, avoir une voiture est indispensable pour se déplacer et travailler.

Ce constat a conduit Jacques Beaugé, ancien concessionnaire automobile, à créer l’association les Autos du cœur, en référence aux Restos du cœur, fondés il y a vingt-cinq ans par Coluche. « Lorsqu’on traverse des épreuves difficiles – chômage, précarité, surendettement, maladie, accident… – qui mettent à mal des revenus déjà faibles ou incertains, l’achat d’une voiture, même d’occasion, est problématique, voire impossible. Or, pour accepter un travail à vingt ou trente kilomètres de chez soi, monter son activité ou rompre son isolement, il faut pouvoir être mobile », explique-t-il.

L’association est née en 2005 à Amboise (Indre-et-Loire). Son principe est simple : des personnes généreuses et solidaires cèdent gratuitement leur voiture, pas forcément neuve mais encore en mesure de parcourir de nombreux kilomètres.
Des bénévoles de l’association se rendent chez le donateur et, après un rapide examen de l’état du véhicule, ils l’acheminent à Amboise. Là, on procède au contrôle technique, au nettoyage et, souvent, à quelques réparations.
Ensuite, par l’intermédiaire d’organismes de service public (conseil général, Pôle emploi…) ou d’associations caritatives, qui versent aux Autos du cœur une somme correspondant aux frais d’entretien (entre 600 et 1 500 euros), le véhicule est donné ou vendu pour un prix modique (en fonction des ressources) à des personnes à la recherche d’un emploi ou dans la précarité.
Les Autos du cœur interviennent aussi dans des situations d’urgence, comme pendant les inondations dans le Var au printemps dernier, où des milliers de voitures ont été emportées par les eaux. Alertée par le Secours catholique local, l’association a fourni au fil des mois une trentaine de véhicules à des sinistrés non indemnisés par leur assurance.
Jean-Pierre Berger est l’un d’eux : « Nous avons tout perdu et avons été hébergés pendant plusieurs mois chez des amis. Grâce à la voiture qu’on nous a remise, nous avons retrouvé notre autonomie et notre liberté de mouvement. »

Cette chaîne de solidarité doit beaucoup aux donateurs, mais également aux « convoyeurs » de voitures. « Retraité de la Sncf, je ne paie pas le train, ce qui évite des frais à l’association. Je vais chercher ou livrer des voitures de Quimper à Aix-en-Provence et de Lille à Bayonne. Cela m’a permis de rencontrer des gens fabuleux, de nouer des contacts très chaleureux ; c’est parfois très émouvant », confie Michel Bénard, adhérent de Mutuelle Entrain, et fier d’avoir livré récemment sa 134e auto du cœur sur les 1 300 qui ont été attribuées à ce jour.

Tél. 02 47 23 93 96 ou 02 36 03 10 60
site Internet : www.lesautosducoeur.fr
courriel : lesautosducoeur@yahoo.fr