Recul des ablations de l'appendice en France

Le nombre des opérations de l’appendicite baisse régulièrement en France, avec 83 400 en 2012 selon un rapport de la Direction des statistiques du ministère de la Santé (Drees).

Force est de constater que pendant longtemps, l’appendicectomie a été l’intervention chirurgicale la plus fréquente en France : une enquête hospitalière effectuée en 1986 faisait ainsi état de 268 300 opérés en métropole dans l’année pour une inflammation de l’appendice, un organe situé sur la partie terminale droite du gros intestin, qui si elle n’est pas traitée, peut évoluer vers une péritonite (une inflammation du péritoine) et une septicémie.

La baisse des interventions chirurgicales a été particulièrement importante au début des années 2000, de l’ordre de 8% par an, lorsque l’échographie et le scanner sont devenus des examens de référence dans le diagnostic de la maladie.

Elle s’est poursuivie depuis, à un rythme annuel de -2,8% par an entre 2003 et 2012, même si la pratique de l’ablation de l’appendice reste encore supérieure aux autres pays occidentaux. En 2009, le nombre d’opérations était ainsi 1,4 fois supérieur à celui des Etats-Unis et du Canada et de 1,7 fois celui du Royaume-Uni.

La baisse spectaculaire des appendicectomies, principalement des appendicites simples, a été particulièrement nette chez les femmes ainsi que chez les grands enfants et les adolescents (5 à 19 ans), avec une diminution allant de 51 à 75% entre 1997 et 2012.

Selon la Drees, l’évolution avait débuté avant le recours aux nouvelles techniques d’imagerie médicale et « résulterait plutôt d’un changement de perception des dangers ». Contrairement aux craintes « de nombreux chirurgiens » qui redoutaient une explosion des péritonites, le nombre des interventions pour des formes graves d’appendicites (avec abcès ou péritonites) est resté globalement stable au cours de la même période, selon la Drees.

Toutefois, il reste encore des différences selon que l’on habite dans une grande agglomération ou dans une zone rurale ou une petite ville. Le taux d’appendicectomie peut ainsi varier du simple au double. En 2011, une étude de la Cnam revelait que la probabilité de se faire opérer avant l’âge de 20 ans était deux fois plus grande dans un tiers des départements tels l’Aveyron, les Hautes-Pyrénées, la Charente-Maritime, etc, plutôt qu’à Paris.