“Patients, Cancers et Société”, tel est le thème des rencontres de la cancérologie française qui aura lieu à Lyon les 29 et 30 novembre prochains.

“Dix ans après la loi Kouchner sur les droits des patients, le cancer reste un très grand enjeu de santé publique aussi bien en terme de recherches, de soins et de qualité de vie”, a souligné le Pr Serge Uzan, doyen de la faculté de médecine de la Faculté de Médecine Pierre-et-Marie-Curie de Paris et président de ces rencontres, lors de la présentation de ces journées jeudi matin, 29 septembre, à Paris.

Au centre des débats, la pluridisciplinarité : “Il nous faut impliquer les sciences dures pour mieux comprendre les mécanismes d’action des tumeurs en amont mais aussi parce que les médicaments du futur viendront probablement des ressources marines”, affirme le Pr Uzan. Autre grand défi, le dépistage : “Les progrès en imagerie nous ont considérablement aidé mais ils ont peut-être conduit à quelques excès. Il y a certainement des prostatectomies qui auraient pu être évitées”, constate-t-il.

Au cœur des questionnements, et parce que ce sont les premiers concernés, les malades. “L’avenir est que les patients puissent avoir accès à des traitements personnalisés et adéquats et à des équipes bien formées”, déclare le Pr Uzan.

Les inégalités s’aggravent

Mais ont-ils tous la même chance d’accès aux soins, aux derniers essais cliniques, aux molécules très innovantes ? “Grâce à notre système de soins, il y a moins de disparités chez nous que dans les autres pays mais le poids des inégalités sociales s’aggravent, note le Pr Gilbert Lenoir, président de la Ligue contre le Cancer. Comment fait-on pour se soigner quand il n’y a plus de pédiatres dans certains départements et plus de généralistes dans d’autres ?”.

Phénomène nouveau en cancérologie, selon le Dr Bernard Couderc, président de l’Union nationale hospitalière privée de cancérologie : “De plus en plus de malades posent la question des dépassements d’honoraires, avant ils n’osaient pas”.

Le patient pas assez pris en compte

Autant de sujets qui seront débattus à Lyon pour que le patient soit au centre du dispositif. “Aujourd’hui, ce sont que des mots, dit Gilbert Lenoir. Quand le malade est sur une table d’opération, il n’est pas le partenaire du médecin, il ne sait pas s’il est dans la bonne filière de soins ou pas. Et quand en tant que représentant des usagers, il se retrouve face à des professionnels de santé lors d’un conseil d’administration à l’hôpital, par exemple, s’il n’est pas formé, il aura du mal à transformer les attentes des patients en propositions. Il n’est plus possible non plus que les malades du cancer sont soient encore victimes de la double peine en ne pouvant pas avoir accès à une assurance et en perdant leur travail”.

Un observatoire des attentes des patients est en cours d’élaboration à la Ligue via des questionnaires sur le web. L’objectif “faire parler les silencieux à travers les nouvelles technologies”, espère son président. L’association mène également une étude sur les dépassements d’honoraires, “on va taper du point sur la table”, prévient son président.