Coup de théâtre mardi soir, quelques heures après la décision du décision du Conseil d’Etat d’arrêter les soins de Vincent Lambert, tétraplégique de 39 ans dans le coma depuis 2008. La Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) a suspendu cette décision, elle veut donc le maintien en vie du jeune homme, en indiquant en urgence des mesures provisoires à l’État français. Le CHU de Reims où est Vincent Lambert devra continuer à l’alimenter. La Cour a également interdit tout transfert de ce patient. Les requérants craignaient en effet que Vincent Lambert ne soit déplacé en Belgique, où réside son épouse depuis peu, et où l’euthanasie est légale. Les parents et les deux frères et sœurs de Vincent Lambert, militants dans des associations contre l’euthanasie et opposés depuis toujours à l’arrêt des soins, se battaient pour que leur fils restent en vie. La décision de la Cedh est donc un soulagement pour eux, d’autant que l’examen et le jugement sur le fond pourraient prendre des mois.

Pour l’épouse de Vincent et le Dr Kariger qui le suit au Chu de Reims c’est le «recours de trop».

Le cas de Vincent Lambert n’est pas un cas isolé d’après les associations de familles de traumatisés crâniens, qui en dénombre 1 700.

Le Conseil d’État avait rappelé qu’«il résultait de l’instruction» que Vincent Lambert «avait, avant son accident, clairement et à plusieurs reprises, exprimé le souhait de ne pas être artificiellement maintenu en vie». Les juges avaient, pour justifier leur décision, évoqué une expertise médicale ordonnée en février « qui a conclu à une dégradation de l’état de conscience de M. Lambert, correspondant désormais à un état végétatif, au caractère irréversible des lésions cérébrales et à un mauvais pronostic clinique ».