Annie, 62 ans.
“J’ai eu un cancer du sein en 1999 à la suite duquel on m’a retiré le sein droit. Se dire qu’on n’est plus malade mais qu’on est difforme, avec un sein d’un côté et juste une cicatrice de 10 centimètres de l’autre, c’est très difficile à accepter. Le chirurgien a choisi de me poser une prothèse en silicone Pip
car celles en sérum avaient tendance à se rompre.
Quand les médias ont commencé à parler du problème, j’ai passé une Irm,
sur laquelle on ne voyait rien. Mais lorsque le scandale a éclaté, je n’ai pas voulu attendre et j’ai contacté un autre chirurgien pour extraire cette prothèse. A l’échographie, avant l’opération, là encore, il n’y avait rien de suspect. Pourtant, quand je suis remontée du bloc, le chirurgien m’a dit que
la prothèse était rompue, le gel s’était répandu, c’était assez spectaculaire. Il a nettoyé, mais a évoqué le risque qu’il reste du gel dans mon organisme.
Même si le lien entre les cancers et les ruptures de prothèses n’est pas formellement établi, j’ai un doute. Plus l’affaire avance, plus j’y pense. Mais, pour le moment, je suis plus en colère qu’inquiète.
Ce monsieur Mas est
un escroc, il doit être sanctionné. Il a mis la vie des gens en danger pour de l’argent ! Quant à l’Afssaps et à Tüv Rheinland, l’entreprise chargée de certifier le gel, elles n’ont rien contrôlé.
Pour ma réimplantation, j’ai payé 1 300 euros. La Sécu ne la prend pas en charge pour l’instant parce qu’elle a eu lieu avant que Xavier Bertrand annonce le remboursement des femmes ayant fait de la chirurgie réparatrice à la suite d’un cancer du sein. C’est un effort financier injuste. Je n’avais pas à payer, ni à subir une nouvelle anesthésie générale, avec les risques
que ça comporte. Il faut aussi se battre pour celles qui ont fait de la chirurgie esthétique et dont l’intervention ne sera pas prise en charge.
Ce sera certainement difficile d’obtenir des indemnités puisque la société
est en faillite, mais plus on sera nombreuses et soudées, plus on aura de chances d’obtenir une condamnation sévère.”