Prothèses dentaires : la fin de la transparence des prix ?

Le 9 mars, les sénateurs ont voté la fin de l’obligation faite aux chirurgiens dentistes de mentionner dans les devis détaillés qu’ils proposent à leurs patients le prix auquel ils achètent les prothèses. Un principe posé par la loi « Hôpital, patients, santé, territoire » de 2010. Cette transparence semblait pourtant bien nécessaire après un rapport de la Cour des comptes montrant que le prix d’une prothèse pouvait varier du simple au double selon les praticiens. Les prix moyens pratiqués en France étaient aussi, selon la Cour, 2 à 3 fois fois plus élevés qu’en Allemagne ou au Pays-Bas alors même que le coût des prothèses, fabriqués à l’étranger – en Chine par exemple – s’était effondré. Les sénateurs qui ont voté l’amendement ont argué que la loi était inapplicable, qu’on ne pouvait l’imposer aux seuls dentistes et que d’autres actes dentaires – dits conservateurs – étaient sous évalués. En gros : il faut bien que les dentistes se « rattrapent » quelque part… Que Choisir n’apprécie pas : « après plusieurs mois de lobbying auprès du gouvernement, les dentistes ont gagné la partie », déclare l’association de consommateurs qui souligne que « les chirurgiens-dentistes n’ont pas ménagé leurs efforts pour obtenir l’abrogation de cette disposition » qu’ils refusaient d’appliquer. Et de conclure qu’à « 14 mois de l’élection présidentielle et dans un contexte électoral difficile pour le gouvernement sortant, il semble que les voix des 40 000 dentistes français comptent davantage que l’information de centaines de milliers de patients ». Les soins dentaires sont de ceux auxquels les Français, faute de moyens, renoncent le plus souvent. Le vote des sénateurs ne clôt pas le débat, les députés devront aussi se prononcer