Depuis dix ans, les Français ressentent de manière accrue les inégalités sociales (75% pensent que la société française est aujourd’hui « plutôt injuste ») mais estiment que l’État peut et doit jouer un rôle majeur en gardant un système de protection sociale public. Ainsi, seuls 17 % des Français pensent qu’il y a trop d’interventions de l’État en matière économique et sociale, 24 % étant satisfaits du niveau d’intervention et 57 % ne le trouvant pas assez élevé. Ce sont les principaux enseignement d’une étude réalisée par la Drees sur «les attentes des Français en matière de Protection sociale».[fn] http://www.drees.sante.gouv.fr/les-attentes-des-francais-en-matiere-de-protection-sociale,11061.html[/fn]
Trois quarts des personnes interrogées pensent que les pouvoirs publics peuvent « résoudre en profondeur » ou « améliorer les aspects essentiels » dans les domaines de la pauvreté et de l’exclusion sociale, des inégalités sociales ou encore des problèmes de financement de la protection sociale.

Bien que les Français soient parmi les plus nombreux en Europe à trouver leur système de protection sociale trop cher, ils sont aussi les plus nombreux à penser que ce système « peut servir de modèle à d’autres pays » et qu’il fournit un niveau suffisant de protection. Parmi les personnes interrogées, une faible part (moins de 30 %) est favorable à une baisse de leurs prestations en contrepartie d’une diminution de l’imposition. Plus de 40 % des français sont est en revanche prêts à une augmentation des cotisations pour maintenir les prestations retraite et maladie. 43 % souhaitent aussi que les entreprises cotisent davantage (ils étaient 36 % en 2000) pour la Protection sociale.


Pour un français sur deux, la protection sociale atténue les effets de la crise

Si la majorité des Français plaident encore pour une protection sociale pour tous, notamment pour l’Assurance maladie, on assiste toutefois à une augmentation de ceux désirant un système de protection sociale plus ciblé sur les cotisants (retraites, chômage) ou sur les ménages modestes (allocations familiales). Une large majorité des personnes interrogées (63 %) considère aussi qu’il est normal que le quart du revenu national soit consacré au financement de la protection sociale, les autres penchant plutôt pour un financement insuffisant (20 %) qu’un financement excessif (14 %). Enfin, si la moitié des personnes interrogées (49 %) pensent que la protection sociale permet d’atténuer les conséquences de la crise économique, l’autre moitié (44 %) pensent plutôt que le financement de la protection sociale alourdit la dette et va être un frein pour sortir de la crise.