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Audition-vision

Problèmes auditifs : les moins de 35 ans de plus en plus touchés

A l’occasion de la 21e édition de la Journée Nationale de l’Audition, les experts scientifiques et médicaux de l’association JNA, avec le concours de l’association France Acouphènes et de la Fondation Pour l’Audition, dressent un tableau de la réalité de la déficience auditive et des symptômes ORL que sont les acouphènes et l’hyperacousie. Les résultats sont inquiétants. Les impacts sanitaires sont bien présents au sein de la population et c’est les moins de 35 ans qui sont les plus touchés.

Une très large partie de la population française âgée de 15 ans et plus a déjà fait l’expérience d’une gêne auditive, ne serait-ce qu’occasionnellement. Et les moins de 35 ans sont les plus concernés !

82% des personnes interrogées déclarent ainsi avoir déjà eu des difficultés à comprendre des conversations lorsqu’il y a du bruit, ce résultat étant particulièrement élevé parmi les répondants de moins de 25 ans (92%) et 86% des moins de 35 ans.

Important à savoir : la gêne de la compréhension de la parole dans le bruit représente un indicateur d’une éventuelle déficience auditive méritant la réalisation d’un bilan complet de l’audition chez le médecin ORL. 

Ces gênes auditives concernent une majorité de Français de 15 ans et plus mais semblent constituer une préoccupation limitée.

2 Français sur 3 n’ont jamais effectué de bilan complet de leur audition chez un médecin ORL et près de 4/5 chez les moins de 35 ans (78%) alors qu’ils déclarent être les plus concernés. Seul un tiers des répondants (34%) déclare avoir déjà effectué un bilan complet de leur audition chez un médecin ORL.

Toutefois, 50% des personnes déclarant avoir « souvent » des difficultés à comprendre les conversations dans le bruit disent avoir réalisé un bilan auditif.

Les personnes âgées de 65 ans et plus, dont le suivi médical est globalement plus soutenu, sont plus nombreuses à avoir fait un bilan de leur audition (51%).

A l’inverse, les moins de 35 ans se montrent moins préoccupés par le suivi de leur santé auditive, 22% déclarant avoir effectué ce bilan (-12 points par rapport par rapport à la moyenne).

Les acouphènes :
Selon les résultats de cette nouvelle enquête, entre 14 et 17 millions de Français souffriraient de ce symptôme. Cette estimation confirme celle réalisée en 2014 et ne peut que corroborer un risque sanitaire. 28% des Français de 15 ans et plus déclarent souffrir actuellement d’acouphènes, dont 10% les ressentent fréquemment ou en permanence. Un phénomène qui touche avant tout les plus jeunes, avec les impacts les plus prégnants

Les moins de 25 apparaissent comme les premiers touchés par les acouphènes.

Toutefois, l’issue de ces acouphènes semble plus optimiste pour ces jeunes adultes. En effet, parmi les répondants de moins de 35 ans ayant déjà ressenti des acouphènes, 45% déclarent qu’ils n’en ressentent plus aujourd’hui (contre 34% en moyenne). Sur l’ensemble de l’échantillon, la gêne semble modérée.
Cela indique que très probablement ces jeunes ont vécu un traumatisme sonore aigu suite à une exposition toxique qui a disparu grâce au repos auditif ou à un traitement médical prodigué rapidement. D’ailleurs, la première des causes évoquées parmi les personnes déclarant souffrir d’acouphènes est celle liée au traumatisme sonore lors de la vie courante et des loisirs.

Si pour un grand nombre, ces symptômes ont été momentanés, pour 4 personnes sur 10 souffrant d’acouphènes une perte auditive est associée dont 31% à un faible niveau et 9% à un niveau important. Parmi l’ensemble des individus souffrant d’acouphènes, les jeunes sont tout particulièrement concernés par une déficience auditive associée :

Pour une large majorité de répondants, la gêne engendrée par le fait de ressentir des acouphènes peut nuire à la vie sociale, voire à l’exécution de tâches au quotidien :

  •   86% des personnes interrogées estiment qu’elle peut engendrer des difficultés à comprendre ou bien entendre

  •   84% estiment qu’elles peuvent générer des difficultés à se concentrer

  •   Les deux tiers (66%) pensent que des difficultés à accomplir des tâches quotidiennes en résultent Pour près des trois quarts des répondants, ces acouphènes sont également perçus comme impactant le moral et la qualité de vie :

  •   Pour 77%, ils peuvent être source d’anxiété 

  •   73% considèrent qu’ils peuvent engendrer des troubles du sommeil 

JNA se mobilise pour

  1. Donner une légitimité aux acouphènes en tant que symptôme relevant du domaine médical. Face à l’ampleur du phénomène, les acouphènes doivent être reconnus par les pouvoirs publics comme symptômes ORL et handicap invalidant. Cette reconnaissance apporterait la légitimité, la reconnaissance de « patient » et la mise en place d’un parcours de santé dédié et personnalisé.

  2.  Informer et sensibiliser les médecins généralistes pour bien accompagner et orienter le cas échéant

  3.  Lancer une campagne de sensibilisation chez les 15-34 ans invitant à consulter le corps médical afin de réaliser un bilan complet de l’audition et mettre en place un suivi médical adapté le cas échéant.

  4.  Initier une campagne nationale de santé publique afin d’éviter les traumatismes sonores aigus ou chroniques liés aux expositions sonores et autres bruits de loisirs.

  5.  Donner une réalité à ce fléau en puissance en qualifiant cette cause comme une cause nationale.

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