L’espérance de vie des personnes précaires est inférieure de 28 ans à celle de la population générale, d’après l’Observatoire national de la fin de vie remis ce matin à Marisol Tourraine, ministre de la Santé.

«Les personnes précaires ne sont pas uniquement des clochards, ce sont aussi des personnes précarisées parce qu’elles sont malades, des familles, des jeunes en errance, des travailleurs pauvres ou encore des migrants», a expliqué Régis Aubry, président l’Observatoire national de la fin de vie, (Onfv), invité au Magazine de la santé du mercredi 7 janvier. En effet, ces personnes n’ont pas accès à des soins de qualité et en particulier aux soins palliatifs. Leur espérance de vie est inférieure de 28 ans à celle de la population générale. C’est ce qui ressort du rapport sur le thème «Fin de vie et précarités» de l’Observatoire remis ce matin à Marisol Tourraine, ministre des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des femmes.

Le vieillissement précoce de cette population est peu pris en compte par les dispositifs d’accueil. Et il n’existe aucune donnée nationale sur le nombre de personnes sans ressources ni famille inhumées par les collectivités territoriales.

Le rapport précise que «la fin de vie des personnes en situation de précarité n’est pas pensée, puisque aucun lieu n’est réellement prévu en volume suffisant pour les accueillir, elle peut se dérouler dans des lieux inappropriés».

Résultat : la majorité des décès surviennent à l’hôpital où plus du tiers de ces patients arrivent en urgence.

«Si nous n’y prenons garde, la fin de vie des personnes en situation de précarité pourrait continuer à être ignorée, car ni l’organisation de notre système de santé, ni la formation des professionnels, ni les structures d’hébergement n’ont réellement intégré cette issue (la fin de vie) pourtant inévitable et réelle des personnes en situation de précarité», souligne le rapport.

L’Onfv prône donc «le déplacement des structures ressources en soins palliatifs (réseaux et équipes mobiles) vers les personnes en situation de précarité», la mise en place des outils de repérage des fragilités sociales dans le champ du soin à l’hôpital et à domicile à l’attention des équipes soignantes.

Enfin, il propose aussi de conduire des travaux de recherche sur l’équilibre socio-économique des personnes de moins de 60 ans précarisées par la maladie en fin de vie.