C’est une première qui donne de l’espoir à la communauté scientifique. Un bébé, né contaminé par le Vih a pu être « guéri » du sida, ont annoncé des chercheurs américains lors de la Conférence annuelle sur les rétrovirus et les infections opportunistes (Croi) le week-end dernier à Atlanta, en Georgie.
L’enfant contaminé à la naissance par sa mère séropositive mais non traitée, a reçu une thérapie antirétrovirale moins de 30 heures après sa naissance, beaucoup plus tôt que ce qui se fait habituellement pour les enfants à haut risque d’être contaminés. Il a été traité durant un an et demi puis a disparu durant dix mois sans recevoir de soins. Lorsque ces parents l’ont ramené à l’hôpital, les chercheurs se sont aperçus que la présence du virus avait diminué, sans qu’il soit pour autant éradiqué. Toutefois, l’enfant n’a plus besoin de recevoir de traitement, ses défenses immunitaires peuvent à elles seules contrôler le virus dans l’organisme.
Selon les chercheurs, c’est le traitement précoce qui aurait permis cette guérison « fonctionnelle » et aurait bloqué la formation de « réservoirs » viraux très difficiles à traiter chez les personnes séropositives.
“Faire une thérapie antirétrovirale chez les nouveau-nés très tôt pourrait permettre d’obtenir une très longue rémission sans antirétroviraux en empêchant la formation de ces réservoirs viraux cachés”, explique Deborah Persaud, virologue au Centre des enfants de l’hôpital de Baltimore, à l’origine de cette étude.
Pour l’heure, seul Timothy Brown, un américain, surnommé le patient de Berlin a été reconnu officiellement guéri après avoir reçu une greffe de moelle osseuse d’un donneur présentant une mutation génétique rare empêchant le virus de pénétrer dans les cellules. Cette greffe visait à traiter une leucémie.
Selon les virologues, le cas de cet enfant pourrait changer la prise en charge médicale des séropositifs, notamment celle des nouveaux-nés. Et de préciser toutefois que la prévention de la transmission mère-enfant reste un objectif majeur. Aujourd’hui, l’administration d’un traitement antirétroviral chez les femmes enceintes permet en effet d’éviter dans 98% des cas la transmission du virus à l’enfant.