Lundi, 8 heures. Tandis que le soleil hivernal peine à se lever sur la cité impériale, Nathalie Bart­kowski, trente-trois ans, pénètre en coup de vent dans le centre mutualiste d’Ajaccio. Parvenue dans les locaux du service de soins infirmiers à domicile (Ssiad), la jeune femme relève sans tarder les consignes laissées par les soignantes. Il y a là des détails précieux qui lui permettront d’effectuer le suivi de la prise en charge des patients.

Quinze aides-soignantes et deux infirmières assurent à domicile des soins d’hygiène et de confort, et aident les malades à l’accomplissement des actes essentiels de la vie. Sous la houlette de Nathalie Bartkowski, elles interviennent auprès de personnes âgées de soixante ans et plus, ou présentant un handicap, ou atteintes de maladie chronique. « Nous suivons actuellement 66 personnes, mais le Ssiad peut prendre en charge simultanément jusqu’à 77 personnes âgées et 16 personnes handicapées. »

Son rôle de « tour de contrôle » du Ssiad, bien qu’elle y excelle, prive quelque peu Nathalie Bartkowski de contacts avec les malades, ce qu’elle déplore. Bien sûr, c’est à elle qu’ils font appel en cas de problème. Et puis, elle connaît bien les dossiers, car, en plus des transmissions journalières, l’équipe se réunit régulièrement.

Mais quand, comme aujourd’hui, elle a l’occasion d’intervenir au domicile d’une personne âgée souffrante, elle déserte allègrement le centre mutualiste, affirmant, ravie : « Plus j’exerce mon métier, plus il me plaît ! »

Soins, écoute, soutien

A 10 heures, la jeune femme est au chevet du patient pour effectuer une prise de sang. Elle y reste plus d’une demi-heure, bien plus que ne le nécessite ce simple prélèvement. Dès son retour au centre mutualiste, le ballet des aides-soignantes, qui viennent entre deux interventions lui demander conseil, rythme sa journée. Et, jusqu’au soir, les tâches administratives et les démarches pour aplanir les difficultés sociales des patients l’absorbent.

« L’écoute et le soutien du patient et de son entourage sont une part essentielle de notre mission, déclare-t-elle avec passion. Cela contribue autant, sinon plus que les soins, au bien-être des malades. »